‹ Essai sur la liberté moraleChapitre 29 sur 87 · LucR., II, 284 sq · texte numérisé non relu

LucR., II, 284 sq

l'âme est continuellement assimilée à la spontanéité des atomes; or celle-ci est toute fortuite, elle se manifeste non seulement dans des conditions indéterminées, mais d'une manière indéterminée. La liberté sera-t-elle donc le pouvoir d'agir au hasard et sans cause? Épicure dit bien : Chacun se dirige là où le porte son esprit, ubi ipsa tulit mens; mais il faut entendre par là que nous faisons ce dont l'idée se présente à notre esprit. Nos actions ne sont pas des phénomènes sans causes, ce que le principe : « rien ne vient de rien », ne permet pas de concevoir; mais notre volonté en est la cause complète, suffisante, qui n'a besoin d'être rapportée elle-même à aucune autre cause; la décision volontaire n'a pas

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Au v^ siècle de l'ère chrétienne, Pelage, qui combattit si hardiment le dogme de la prédestination et de la grâce, définissait le libre arbitre « un pouvoir égal de se porter au bien ou au mal, une indifférence ou un équilibre de la volonté entre l'un et l'autre * ». Plus tard, Duns Scot, l'adversaire du déterminisme thomiste, soutient qu'il y a contradiction à prétendre que la volonté est libre lorsqu'on élève audessus d'elle une autorité quelconque, même celle de la raison ; une puissance n'est pas infinie qui se détermine toujours d'après une règle fixe» L'intelligence est une faculté distincte de la volonté, quoique entièrement unie à elle dans u» être simple. Elle fournit des buts à la volonté, mais celle-ci reste tou-

i. DiOGÈNE Laercb, 133, édit. Didot.

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