‹ Essai sur la liberté moraleChapitre 30 sur 87 · Beroier, Dict. théoL, art. Pélagianisme · texte numérisé non relu

Beroier, Dict. théoL, art. Pélagianisme

jours maîtresse de choisir le but qu'elle veut ^ La volonté est supérieure à rentendement, car elle décide en dernier ressort et choisit, si elle veut, au rebours de ce que lui indique la raison '. La liberté est absolument indépendante ou elle n'est pas ; rien ne lui appartient plus que sa volonté même ; elle produit sa décision par elle-même, en dehors de l'influence extérieure des motifs, 7iihil alitid a voluntate est causa effectiva voluntatis ^. Le caractère essentiel de la volonté humaine est l'indifférence entre les diverses actions possibles; elle se peut décider contrairement aux motifs les plus nombreux et les plus puissants : en présence même du souverain bien clairement conçu, il lui reste possible de refuser son consentement.

La doctrine de l'indifférence fut reprise à la fin du xviii° siècle par Th. Reid. Désireux de réfuter le déterminisme de Hume, il repousse toute assimilation de la conduite de l'homme aux phénomènes physiques : « Toute action délibérée doit-elle avoir un motif? La réponse à cette question dépend du sens qu'on donne au mot délibérée. Si par action délibérée nous entendons une action antérieurement à laquelle des motifs ont été comparés et pesés (et telle paraît être la signification originelle du mot), assurément une pareille action implique des motifs et des motifs contraires, autrement l'intelligence

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