‹ Essai sur la liberté moraleChapitre 4 sur 87 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

libre arbitre, c'est-à-dire le pouvoir de choisir entre deux partis contraires également possibles. Il ne se détermine jamais sans motif, mais sa volonté peut faire prévaloir tel motif qu'il lui convient et peut même tenir tète à tous les motifs. Sans doute un tel pouvoir est inexplicable, mais tout ce qui est premieme Test-il pas? Si l'homme fait volontairement le bien, c'est qu'il peut aussi faire volontairement le mal. Il est donc responsable au même titre de toutes ses actions : la culpabilité n'est pas quelque chose de moins positif que le mérite.

III. — Pour nous cette doctrine, soutenue en France par toute l'école spiritualiste, nous parait fourmiller de contradictions. Ou bien le mot de libre arbitre n'a aucun sens, ou bien sous ce nom se cache en réalité la théorie de la liberté d'indifférence, dont on a depuis longtemps fait si éclatante justice.

Accomplir volontairement le mal nous paraît chose impossible et inintelligible. La Uberté morale doit être définie, ainsi que l'enseignait Socrate, le pouvoir de se déterminer volontairement à faire le bien. Toutes les fois que nous agissons librement, nous faisons le bien et notre conduite n'est véritablement libre que quand elle est bonne. Lorsque nous faisons le mal, c'est que nous le prenons pour le bien ; la cause de notre faute est ou l'ignorance, ou l'erreur. Nous sommes entraînés par une puissance extérieure; est-ce à dire pour cela que nous n'en

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