‹ Essai sur la liberté moraleChapitre 31 sur 87 · DuNS ScoT, Disput,, III, IV · texte numérisé non relu

DuNS ScoT, Disput,, III, IV

2. Comm. du livre des Sentences, liv. IV, dist. 49, quest. 5.

3. DuNS ScoT, Comm. du livre des Sentences, liv. II, dist. 25, quest. 1, p. 882, 888; liv. I, dist. 1, quest. 4.

DE LA LIBERTÉ D*INDIFF£RENGE . 71

n'aurait pu les peser; mais si par action délibérée on entend simplement, comme il arrive tous les jours, une action précédée d'une détermination calme et froide de l'esprit et accomplie avec prévoyance et volonté, je crois qu'une foule d'actions semblables sont faites sans motifs *. » Qui ne voit combien cette seconde hypothèse est contradictoire? La prévoyance ne consiste-t-elle pas précisément à concevoir et à comparer les conséquences des divers partis que Ton peut prendre, c'est-à-dire à confronter des motifs? Pour que l'esprit soit calme, froid et maître de luimême, faut-il qu'il n'éprouve aucune espèce de sentiment?

Il le faut bien reconnaître tout d'abord, les partisans de la liberté d'indifférence ne peuvent invoquer à l'appui de leur système l'autorité d!un seul grand nom. Epicure, objet pourtant de l'admiration enthousiaste de ses disciples, ne peut être considéré comme un philosophe d'une grande profondeur ; son clinamen est une hypothèse qu'il n'explique pas et à l'appui de laquelle il n'apporte aucune preuve. Duns Scot, le Docteur subtil, se complaît dans la discussion des questions les plus ardues de la métaphysique et de la logique, mais il est trop souvent dupe de son imagination féconde, victime de sa propre habileté et se laisse entraîner à réaliser des abstractions. Reid enfin est bien le plus honnête, le plus pieux des hommes, mais sa psychologie manque singulièrement de pénétration.

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