‹ Essai sur la liberté moraleChapitre 32 sur 87 · Reid, Œuvres, V, p · texte numérisé non relu

Reid, Œuvres, V, p

IL — On pourrait être tenté, d'après certains passages de ses œuvres, de compter Descartes parmi les défenseurs de ce système : « Il n'y a que la volonté seule ou la seule liberté du franc arbitre que j'expérimente en moi être si grande que je ne conçois pas ridée d'aucune autre plus 'ample et plus étendue *. » La liberté est pour lui un pouvoir positif, le pouvoir d'élire, de faire une chose ou de ne la faire pas, <c la faculté de nous déterminer à Tun ou à l'autre de deux contraires, c'est-à-dire à fuir ou à poursuivre, à affirmer ou à nier une même chose * ». « La grandeur de la liberté, dit-il encore, consiste dans l'usage de cette puissance positive que nous avons de suivre le pire, encore que nous connaissions le meilleur '. » Mais il est impossible de s'y méprendre : s'il admet que parfois nous nous décidons indifféremment entre deux partis, c'est à ses yeux le plus bas degré de la liberté, et cette indifférence tient à ce qu'il n'y a rien que d'obscur et de confus dans nos idées ; au contraire quand, par l'effet de la réflexion, l'indifférence disparaît, c'est alors que nous nous décidons d'une manière véritablement libre : « Afin que je sois libre, il n'est pas nécessaire que je sois indifférent à choisir l'un ou l'autre des deux contraires : mais plutôt d'autant plus que je penche vers l'un... d'autant plus librement j'en fais choix et je l'embrassé... De façon que cette indifférence que je sens

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