ÂRisTOTB, Métaph,, XII, VII, 1072 a
ses à l'accomplir, et il n'en est pas qui puisse nous offrir plus de charmes *.
Quel sens pourraient avoir ces mots : « Vouloir faire le mal jd, nous avouons ne le pas comprendre. Notre volonté, comme nous l'avons dit, ne se peut déterminer que grâce à la présence de certains motifs ; pour que nous prenions une décision, il faut que nous ayons quelque raison de l'adopter. Nous ne pouvons donc vouloir faire le mal que si nous pouvons aimer et désirer ce que nous savons être mal; mais l'absurdité d'une pareille supposition n'est-elle pas manifeste? Par conséquent, du moment que nous avons jugé qu'une action est mauvaise, nous ne pouvons ni l'aimer, ni la désirer, ni la faire volontairement.
D'ailleurs, dès que nous examinons de près l'idée du mal et que nous cherchons à l'approfondir, nous nous apercevons qu'elle ne saurait être définie, parce qu'elle ne saurait être conçue d'une manière nette et distincte.
« Le mal n'est, en quelque ordre que ce soit, qu'un moindre bien ; car il y a identité entre l'être et le bien, et le mal absolu serait le néant. Le mal
1. Spinoza, Dieu, l'Homme et la Béatitude (trad. P. Janet), 3« partie, ch. iv. « L'amour naît donc de la représentation et de la connaissance que nous avons d'un objet, et plus l'objet se montre grand et imposant, plus l'amour est grand et imposant en nous. >> — Gh. v. « Nous pouvons nous affranchir de l'amour de deux manières : ou bien par la connaissance d'une chose meilleure, ou bien par l'expérience qui nous apprend que l'objet aimé que nous avons pris pour quelque chose de grand )î
et de magnifique nous apporte beaucoup de douleur, de peine et de dommage. »
est un premier effort vers le bien, eflfort trop imparfait sans doute, qui ne tend et n'aboutit encore qu'à un bien partiel, incomplet, insuffisant, effort réel néanmoins, mais qui a devant lui une perspective infinie de progrès à accomplir, s'il le veut, dans le monde qui s'étend par toute l'éternité future... L'activité primitive des créatures est un effort naturel vers le bien *. » Il est impossible de rien imaginer qui soit complètement et absolument mal, et nous ne concevons jamais rien de mal que par comparaison et opposition avec quelque chose de bien *. Nous disons qu'une action est mauvaise quand il en est une meilleure qu'il eût dépendu de nous de choisir; mais il n'est aucun acte qui soit complètement mauvais, duquel nous ne puissions attendre quelque bien, quelque plaisir ou quelque avantage, qui ne puisse en un certain sens être appelé bon et donner naissance à une certaine inclination*.