BossuBT, Conn. de Dieu, ch. i
2. « Nous ne pouvons rien aimer qui ne soit ou qui ne paraisse un bien. » (Malebranchb, Rech, de la vérité, IV, 13.) — « Pour aimer le mal, il faut aimer le bien, car on ne peut aimer le mal que parce qu'on le regarde comme bien, que par l'impression naturelle qu'on a pour le bien. » {Morale, I, ni, 15.) « Quand nous recherchons quelque chose d'où il doit résulter du mal, c'est toujours l'effet d'une erreur ou de la folie. » (Badî, les Émotions et la Volonté.)
DISCUSSION DBS OBJECTIONS 195
bien. Seule la volonté divine va infailliblement au plus grand bien, parce que seul Tentendement divin voit infailliblement le meilleur; mais Thomme, môme quand il est le plus coupable, ne fait le mal que par erreur. — On ne saurait vouloir que ce qu'on trouve bon; et selon que la faculté d'entendre est avancée, le choix de la volonté est meilleur... Si nous préférons le pire, c'est que nous sentons le bien qu'il renferme, sans sentir ni le mal qu'il y a, ni le bien qui est dans la partie contraire.... La prévalence des biens aperçus incline sans nécessiter, quoique, tout considéré, cette inclination soit déterminante et ne manque jamais de faire son effet *. » En nous, comme dans l'univers entier, le mal ne peut jamais avoir une cause efficiente, mais seulement déficiente : « Bonum ex causa intégra, malum ex quolibet defectu ; malum causam habet non efficientem, sed deficientem *. » C'était l'opinion de saint Augustin : <i II ne faut pas chercher une cause efficiente à cette défaillance, non plus qu'il ne faut chercher à voir la nuit ou à entendre le silence. » C'est aussi celle de Bossuet : « Ainsi tout le mal qui est dans les créatures a son fond dans quelque bien. Le mal ne vient donc pas de ce qui est, mais de ce que ce qui est n'est ni ordonné comme il faut, ni rapporté où il faut, ni aimé ou estimé comme il doit être.... Telle est la cause du péché, si toutefois le péché peut avoir une véritable cause. Mais, pour
1. Leibnitz, Nouv. Ess,, H, xxi, 49. — Cf. Confessio philosophica.