‹ Essai sur la liberté moraleChapitre 7 sur 87 · P. Dechahhe, Mythologie de la Grèce antique · texte numérisé non relu

P. Dechahhe, Mythologie de la Grèce antique

cule que le destin a fixé pour la fin de toutes choses : les dieux périront comme les hommes et un nouveau monde renaîtra des ruines de Tancien.

III. — Par suite du progrès des idées religieuses, on finit par reconnaître l'impossibilité de subordonner les dieux à une puissance supérieure, et la nécessité devint alors la volonté divine * : chez Homère, c'est Jupiter qui puise les biens et les maux dans deux tonneaux ' ; c'est lui qui dans ses balances d'or pèse le sort des Argiens et des Troyens '. Quant à cette volonté, elle est d'abord conçue comme un pouvoir arbitraire, se décidant avec une indépendance souveraine, réglant tout selon son bon plaisir et sans motif : l'homme s'agite et Dieu le mène *.

Les Grecs ne tardèrent pas à s'élever à une conception plus haute de la loi suprême de l'univers, mais il n'en fut pas de même des Romains. Pour eux, le destin, fatuniy c'est la décision irrévocablement prise, l'arrêt rendu, la chose dite une fois pour toutes, l'expression de la volonté divine. L'avenir se manifeste souvent à l'homme par les présages, aussi l'art de

1. CicÉRON, de Fato. « Fatum esse nutum Jovis 0. M. placitumque deorum immortalium fîdes estphilosophorum etvulgi communis... quae fata, Ennius inquit, deum rex nutu partitur suo. (Fragment retrouvé dans un palimpseste.)

2. Homère, Iliade, XXIV, ^21-, Iliade, VIII, 70; XXII, 210; Orf., VI, 188.

3. Cf. SoLON, fragm. IV (Stobée, Floril,, IX, 25). C*est à la destinée que les hommes doivent leurs biens et leurs maux, et nul ne peut se soustraire aux dons des dieux immortels... Il n'est point de devin qui puisse écarter les arrêts de la destinée des dieux.

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