Desgartes, Disc, de la méthode, 3* partie
2. Lettre à un R. P. Jésuite (Mesland), mai 1644, t. IX, p. 168, no. Cf. Réponse aux ^** objections. Axiomes, VU, éd. Cousin, t. I, p. 459 : « La volonté se porte volontairement et librement, car cela est de son essence, mais néanmoins infailliblement, au bien qui lui est clairement connu. » — Cf. Descartes, 4® méditation. — Leibnitz, Théod. : « Nous ne sommes libres que dans la mesure de notre intelligence.... Si l'on voyait toujours clair, on agirait toujours bien. » — M. E. Beaussire (les Principes de la morale, 1885) soutient pourtant l'opinion opposée : « L'expérience psychologique a démontré depuis longtemps la fausseté de l'axiome socratique, reproduit trop facilement par
IL — Nul ne peut donc faire volontairement le mal; mais ne peut -il advenir que, sachant ce qui est bien, nous soyons entraînés malgré nous à faire le mal?
« Ce n'est pas assez, dit Cicéron, de juger ce qpi'on doit et ce qu'on ne doit pas fisûre : il faut de plus savoir s'en tenir à ce qu'on a jugé. Mais combien y a-t-il de gens qui, séduits par une apparence de volupté, se livrent de telle sorte à leurs passions qu'ils s'y laissent emporter sans prendre garde à ce qui leur en peut arriver "? i> Tel est aussi l'avis de Spinoza : <sc Le désir qui naît de la connaissance vraie du bien et du mal peut être détruit ou empêché par beaucoup d'autres idées qui naissent des passions dont notre âme est agitée en sens divers •. » La plupart des auteurs se rangent à cette opinion et citent l'exemple d'un grand nombre d'hommes qui, disent-ils, ont mal agi, entraînés par la violence de leurs passions, quoiqu'ils ne pussent ignorer ce qui était bien •. Tout le monde est d'accord pour reconnaître que la raison seule est digne de régner en nous, mais on soutient qu'elle manque parfois de puissance et ne parvient pas à contenir l'elffort des passions.
« Voici, dit-on, ce qui se produit souvent en nous :
Descartes, qu'il suffît de bien penser pour bien faire. La volonté a ses défaillances, elle a ses maladies.... Dans certains cas, nous voyons la rectitude et la netteté de Fintelligence unies à l'impuissance de la volonté. »