‹ Essai sur la liberté moraleChapitre 75 sur 87 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

I. — Un débat des plus intéressants s'est élevé dans ces dernières années parmi les philosophes au sujet des rapports de la liberté et de la certitude; l'importance de la question qui nous occupe n'est donc pas moindre au point de vue scientifique qu'au point de vue moral *. D'après M. Renouvier, la croyance à la liberté est la condition de toute certitude; la thèse de la nécessité, si elle est admise, interdit d'aspirer à la possession d'un critère de la certitude; toute croyance étant nécessaire d'après le fataliste, on ne peut être certain qu'elle soit vraie. « Nie-t-on la liberté? dit M. Delbœuf *, il n'y a plus de vérité ni d'erreur, partant plus de science... Le fataliste est ainsi forcé de nier la science, en même temps qu'il nie la liberté. » « La croyance

1. Voir dans la Revue philosophique, avril 1883, l'article de M. Fouillée, les Arguments psychologiques en faveur du libre arbitre^ et spécialement les citations rapportées p. 3o4, note 3.

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