‹ Essai sur la liberté moraleChapitre 76 sur 87 · Revue philosophique, nov. 1881, p · texte numérisé non relu

Revue philosophique, nov. 1881, p

au déterminisme intellectuel, d'après M. SecrétaB, briserait évidemment le nerf de l'esprit *. »

Cette doctrine est vivement combattue par un grand nombre d'auteurs qui considèrent la croyance au déterminisme universel comme le fondement de la certitude scientiBque ; quelques-uns vont même jusqu'à prétendre que la liberté, loin d'être une garantie, ne peut être qu'une cause d'erreur : c Ce n'est pas la liberté qui est la forme de la certitude, c'est au contraire la nécessité. La liberté n'est que la forme de l'erreur... La vérité scientifique s'impose nécessairement à l'esprit et l'erreur dépend de la volonté... L'erreur vient d'un libre arbitre qui, par là même qu'il est libre, peut s'opposer à Tordre du monde, à la vérité des choses : tout étant arbitraire, dit Malebranche, il n'y a plus rien de certain'. »

IL — Au premier abord il ne semble pas qu'il y ait lieu de faire une part à la volonté libre dans l'adoption des opinions. C'est au contraire le déterminisme qui nous rend compte de l'affirmation et de la négation ; il ne dépend pas de nous d'adopter volontairement une opinion ou l'opinion contraire; il ne nous arrive jamais d'affirmer ou de nier sans raison; les faits de croyance ne sont jamais des phénomènes sans causes. Mais ces causes sont-elles toutes de même nature?

Le mouvement naturel de l'iptelligence n'est pas

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