Goethe
Ich bin ein Mann ge-wesen
Und clas heisst ein Kâmpfer seyn.
semblable témoignage, parce qu'en effet ils n'ont jamais agi librement. Quand ils réfléchissent à leurs décisions, ils parviennent aisément à en rendre compte sans y découvrir la moindre intervention d'une volonté libre. Par rapport à eux, le déterminisme est rigoureusement vrai.
II. — La liberté n'est pas une faculté comme les autres, que nous possédions naturellement, que nous apportions en venant au monde et dont les circonstances au milieu desquelles s'accomplit notre vie favorisent, l'épanouissement : tout au contraire, les influences extérieures tendent à l'étouffer, à en empêcher l'exercice. Nous ne la possédons que si nous nous la donnons nous-mêmes et dans la mesure où nous nous la donnons ; c'est une conquête qu'il nous faut faire ; pour être libre, il faut le vouloir. L'homme ne naît pas libre, mais il peut le devenir, et s'il le peut, c'est parce qu'il sent qu'il le doit en se soumettant volontairement à la loi de la raison. « La première des lois pratiques, dit M. Renouvier, avant ce qu'on appelle le bon usage de la liberté, c'est l'usage même. Ce seul précepte : « Exerce taliberté », s'il est suivi, pose un premier fondement de la moralité des actes. Le premier devoir de Vagent libre est donc cela même, d'être libre ^ »
Fichte est le premier qui ait soutenu cette doctrine ; il la résume dans cette formule d'allure quelque peu mystérieuse : « Se poser soi-même en tant que soi-même, abstraction faite de tout ce qui n'est