‹ Essai sur la littérature romantiqueChapitre 6 sur 22 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

De la cigrilisaUoii moderne.

fre point. ^aW;$Qn jf^sçishlç L'i^i^é qui caractérise m^ 4e9. apci^fi8« On la voit ii^H^ Àm $0wce» , kis*ti|»^>ipdÂé^Wy jLes aqtnes êxq- Hkiiies, i«t qui^ J^.tenwf %iCÇmf<Q»Il4^e6 et assîr imlée$.lll â^Ut^ia9^t!Qr.^^i$ff^ sqn principe ;el sidiRnei en3tiil|e^ &/,4:rHvei^ . les siècles^ les ^a{K>dificatioiiA jtpîfl a siubîQs.. . , ,. JLes ^eujd^ 4V>Ù h pliip£|rt.de$ nations de l'Europe tinwttJkpir ongine, les Cultes, les TeiKtoiiis ou jSewclinayes ^ iiabitoieniË de vc^stes cont^iiMift ,Mmsé^ demontagmes , coupés par -desileuyea;iap^des^ couverts de forets et de J,n»yère».. L'wmpens^acéan.ks ceigncùt> l-occident , desçs yngu^^ toujours, battues pAr kstefnpéles, et m^ un^çl^frcLid<et.hiimide, &'éfeeiidoit une lefre ric|ie sefilcment en l^s

et en pâturages. Disséminés sur la . surface dHin TastMerritoîrev exposera tous les genres de périls et de fatigues, leurs corps s'endurcissoient de boppe hçi^fp) ^I^^acquéroient ces dimensions et ces forces extraordinaires, objet de Fétonnement des peuples du Midi ; et la nature sémbloit les destiner à conserver dans leurs forets , ce beau type physique de la race hamaine^quëfiiïQu^ikrédudtmsitef^ tiôn dé la '^ sdbëÉlë ttttéroie^lt ^i^t^ «illi^l Comme p^â«|Uè ' toil^leâr^|Miptes i^ Bans, U&faiso^tâelagùeité^IéUr oiooti^liobi :feV6r(«e; niille^àifftrë ftiftioh ^'ÂïfioôB^Fé ft^ir les armes uù j^<^l«ilit^^i!ië décidée ^]>ttr retigioii co^àÉacroit è1r'déÉir€4op]^if C^ pencdianl; sauvage comme 4è^lnt€^i]|^4£^â8'sérpréGq»tes^ maid- bien n^tiikl'cfùàbïè duefs qu^^ues v^s de' ^ dègââie^' «HéMgâlknotyçd&t >4éjà- iih peuple cpie la nisllFâré^ât^dii tt(Kns^iU«'f^ 1^ écjiio^âfs brillah«é^fd^> lH«ràg«bti«»i ^^(que pôiii* les conceptions ' austère^ dà YeoueîUëtaeftt et de la^ réfièiiié^Ced pèû^ie^V dv.8(lih dé/l^r igntyrânice^ aVôi^m: pu {^'él«^rj:Ji Ih ^ohcëptiôh' ^'Un DteU' >s€lpt<éiii6 t^lqi pvétel^ d^ àttribtitfe èï^d dfe sa 'tdut^^ulikttte^

Le monde, sdicm^ux, était son ouvr^^; runivers entier étoit soiKteia(de^ Il nlavQit iii«giu«,niforiBeappi^dftblM{M>url'^ toute image par laquelle on prét^n^oit le représenter, tout édifice où Ton suj^soit qu'il avoKtfixé sa i^dmf^^ iélmm.t ^lè^oifib tnàge à la miajfist^ de^celui. émkt , Ftli^ivein^ contient ii prâae l'inlmensité \ Mais, dj^çv norant ee^Dieu^Mur le cylle. qu'ils» illui.;i;enr 4oient, il5s'étoient:persiiadés.<^^^i^yi|?t;i«mes humaines éloientà^es yeuxl^^^fi^^r^ Ue de toutes les dirandes;. ^tc^ftaw^ ^99 fête nationale, une ctFconstanec^ s^^iuifUf ne lies réunifiaoit, que le aa^g iunb^in la^ coulât uir Faiitèl de leiÉi* ilnpilo^ak^le dir^i^ nité. Ce mâangè de {^été «ec d^ barbarie ^1:pit conforme au reste deleuricaractère^ Ils luiis^ soient de grandes, vertus ^ à d^ yiç»^ gro^r sier6^ ipontroîfint utte.égafe dîsppftitiPA w mal comme au bien, et sedibloieiil; df s? îs^It

' Tacite a exprime avec sa concision accoutumée ce dogme de leur religion ; ùzterum nec cohîberè parieUbus Deos , nec in ulîam humani orlà specierà assU milare^ ex magnitàdine oiBfèsttùfà arbtiranlur.'

^i^UÉkiénÀ^ réservés par la Provideqcé .pour raya^er l'Ébrope ^e% léparer ses pertes ^.détruire tÊÈkb Àooiété uséev^tén £[^]iilervùiie,siouiittlle siiri»eB'rui»^.' .\

' Dèl^ ; ëés ^tefàip^' reculés), 'quelques institua tkms- ^toildttaûes à ces perqdiés. aqponçoient ^ (pi^ils détient être un jour. Ils avoieDtdeb chefs 'qiil, en tetnps de guerre, les condui* soient au Combat , et ben^bient Ia;justioe en téâips^'^ 'pMx'; mais les afifaires publiques de i||tièj^vié^itiipartaiiee> se dàsoitoient et se dé* 'eidbiëfiV^W^ l^s assemblées générales de la natioli',' et ces mêmes assemblées, traversant les siècles 'tous des noms différens^sont de» yen^e^ <&^|)abe du droit pubHe'de nos plus célèbt*é's !]^onarchies4 Hus humains envecs leurs prisonniers cpieles nations antiques-, ifeleur' concédoieitt'uue portion de tercain^ Hib^miant une redevance minaelie qui leur étôit< payée par le 'nouveau, propriétaire ,^ et dans cette coutume nationale l'esprit aperçoit lés fondemens du système féodal. Enfin , et par un trait non moins remarquable dans leurs mœu»rS) ils proél^soient pou^ les fem* mes un respect inconnu aux peuples du Midi ;

ih les admettoieiit dans leurs conseils , les çonsultoient dans Wurs entreprises, etk taisoient l'objet d'une sorte de culte; et ces mêmes séntimens, transmis d'âge en âge, ont donné plus tard naissance à la chevalerie du moy^d âge , et déterminé la place que les femmes occupent dans la société moderne.

Au milieu de ,1'i^orance et du mépris des arts 9 une institution ftmeuse annonçoit chez ces peuples -une certaine culture.de l'intelligence et ce» goût naissant des plaisirs de rimaginatiow.'Des bardes ou poètes, désignés aussi pai* le nom de scaldes, eélébroient en v%f^ les exploits des guerriers , et transmetloient j par la tradition orale , le souvenir des Êôte MitioniauaL Un poète latin nous a conservé la mémoire de leurs fonctions dans ces vers : '

Vos quoque qui fortes ai^imos belloqne p^remptos , Laudibus in longum, Vates, diffunditis sevum, Plarima sèctiri fadisti$ carminà^ Bardi.

Leurs versai rimes et divisés comme àujout;d'hui ;en strophes, montrent la hatite

antiquitÀ de ce genre de poésie pami nous; Quelques unes de leurs productions , sauvées de Toubti des âges , attestent les bons effets de cette institutioâ, qui périt dans les Gaules sous les inyaûous des AomainSy insâs qui s'est long-temps conservée dans des contrées plu^ heureusement plaitées.

/Teb étoient les peuples qui devoi^ait'sor^ tir de lews forets pour renverser une pHis* sançie qui pesoit depuis si Jbiig^temps sur le monde. Les sijècles qui suivirent rétablisse* ment de;s peuples du Nord , dans les Gaules, en Espagne , en Angleterre et en Itsdie^ amè* nèrent des guerres si sanglantes ^ des réro^ lutiops si nombreuses 9 des boulerersemeas si râpées , quel^ civilis^tipu , entnunée «eus les débris des institutions et des arts , parut suspendre sa marche pour les vainqueurs comme pour les vaincus. Quelques siècles plus tard, Charlemagne, maître de l'Occi* dent , voulut prévenir les résultats du tenqis et organiser les élémens discords que la fortune avoit mis dans ses mains. Mais l'ouvrage élevé durant sa vie dut céder après sa mort aux cau$es toujours subsistantes qui rà pro*

5d voquQÎent Ifli dîsMluti^Hi» L'£urppe,. livrée ^à

encore dans l'état d'où ^p géqie vouloît 1^ tirer. Cependant ce' long -ewace .de tewpf qui . fi'éccmlii jiisqu^à l'époque jpélçlir^ , .4e» eroi^à^y «gnaUd pei* l'hiitoûr^ «919^6 Ift péiicMb. la plus ç^iamtmse poiur le gmw humaifit dkHat eefiî annale»' aient gardé )e soêêt venir, ntf-fut ^int perdu pour les $iè<(de& à venir. AXi^r» ^'ét^^tilir^l; aolid^oenf en £ur

ix>pe cette religion cbnétienoe ^t ces institu* tiscms :du moyea âge, résultat de /$es mœurs {inwitiYes et sottfrees pn^mièr^ de ladvili^de Uoff actuelle. tEUes^o^t détermû^é dans. les lois^^ dans les mos^urs^^tdans les artis ^ oeig^e .desitemps modernes» et c'est dans lei^-^^furît même qu'il faut TéH^ier. jR^qppelons ici qw9^ues laj^ts r^elatifs ^ cette étude , en nous a|tàcfaaitt surtOjUit k celles de çps C9me$ dont l'ialEhften^ s'est spécialement dirigée $ur le» seotimi^n» et sur les moeurs, élépi^ni prînci^ paux de la littérature*. ..

Uretigk)» a« présente la pr«imè» et.p^uson importance^ absolue et par sonii^hietoce rédle. L'Europe tnoderne n'a P9« vu , comme

la GrèeeâfKtique^ sa^eUgion naître et m velopper sur son pr^re m1. Ge fut -sons le ciel en Midi et a» milieu des piknpes de l'Orient <{ue fut opiacé le berceau du' chrô* tiAcitôiîrie. Mais cette 'religiotii, née dans de telles' eit*ôon$t!atM!;es', Séijable-se; plaird également sous tou6 les diittats et dknaéonîbes les venons ) c'est qù'ihdépendantiedtâdMMNiicss qu'établit entre les peuples une position donnée ,' quant aux drconstanees physiques ou aux institutions, elle t>'a considéré dans l'homme que les besoins communs dcsa na«titre. Ses dogmes, 'dépouillés de ce que le temps et le^ hommes leur ont ajouté ^, préseni^iït partout la même importance- et' là milite Hiéri té, pa^è <5fu'étrange<« à ce qtii, dans sa ' condition physique, est variable> et passager, ils^ n^ règlèiît que Ce que sa nal^ire morale a de fixe et de général. AuM l'adop* tioh'du diristianisme a-t^Ile été pôissiblê à tout^ le^ liotiditib'hs d'existence politique. Quelques siècles après ^ naissance, il sîétott établi avec un égal succès au sein des soéiétés policées 'et des peuples^ A 'peine sortis de la bïirbarie, dans lés fôi^ts deVOecideiit comme

sous le ciel du Midi. Par ce seul fait; et in*dépendamment des rénitats de sa doctrine , il avoit jeté leâ premières semences de côncojrde entre des nations que la nature et les mœurs tendoient à séparer; car l'adoption d'IiKmêhie culte, quel qu'il soit, est pour les peuples comme pour les âikdividus , un motif prôchaiQ et eflBcace^f union;

Mais le développen^nt de ces premiers germes fîit surtout favorisé par l'espril: de douceur et de charité qui fait la base de ses préceptes. Il seroit inutile d'enti^er à cetégnd dans des considérations tant de fois présen*^ tées; les faits d'ailleurs parlent assez hautement , et les changemens opérés dans la législation et dans les mœurs témoignent assez des résultats de son influence*. Les nations modernes , formées par le chijstKMiisme, ont su repousser, ^lénie dans d^s temps de barbarie , des erreurs ou des vices dont toutes les lumières d'ime civilisation avancée n'avoient pu garantir les anciens. Ainsi , ces guerres qui , dans l'antiquité , offroient le spectacle de deux nations acharnées l'une contre l'autre , et ne se terminoient que par la destruction totale

du vaincu , sont devenues de simples luttes politiques, qui n'oM pour résultat que Ta* baissement d'un peuple ou d'une dynastie.

L'esclavage , né de cet état de guerre où se croyoient les uns à l'égard des autres tous les hommes qui n'appartenoient pas à la méslÊér cité f dut céder k l'influence d'une religion qui établit l'égalité entre tous les hommes.

L'institution du mariage , si souvent riiéct>n-' nue eu violée dans l'antiquité , ireçut du chris-* tianisme un caractère pins saint etplus au-^ guste ; eHe cessa de floWer ehtre la liberté dPune alliance fortuite et la dignité d'un engagement reconnu par le Qel. Ses fruits euxmêmes participèrent aux bienfaits de cette législation épurée; les nations chrétieniles ne vîrfeht plus des patehs usef dit droit qui leur étoit jadis accordé de vendre ou d'exposer leurs èfifens. Enfin , les droits absolus de l'humanité, que la philosophie ancienne avoit à peine connus, et qu'elle n'avoit jamais fait respecter, le christianisme les établit sur une base indestructible.

Considéré dans son rapport avec, l'imagination et le génie des arts , le christianisme

n'offre pas de moins grandes différences. Le développement des forces de la vie et le culte des arts d'imitation caractérisoient , comme résultats , l'influence du paganisme. La religion chrétienne , |dacée tout entière dans la pensée , amortit^ ijbuis l'homme ce besoin de l'activité p^jBiîque , e^ le remplace par le goût de la retrait;^ et de la méditation. La vie ^ dans les cultes anci^jifi, étoit un champ ouv^t à ' l'exercice des fiaicultés physiques; lechrittii^ nismeenaplacélepointdevuedansunerégion supérieure ; il en a réglé l'emploi comme si elle n'appartenoit plus à la terre. Il y a dans son esprit un détachement de ses intérêts positif qui explique , parmi les peuples d'Occident , ce penchant pour la vie contemplative et ce vague mélancolique des idées, ^inconnus à l'existence active des peuples anciens. L'antir quité {{1% guerrière et politique ; le génie mé« ditatif et religieux caractérise les temps mo« demes. Mais si les progrès de la pansée ont été favorisés par l'influence d'un culte qui rejette toute l'activité de l'homme dans son intérieur^ il ^'en a pu être de même de ceux des arts d'imit^on. Le paganisme , insépa-

rable des arts dans ses fictions , mettoit tout en images et matérialisoit presque la pensée. La religion chrétienne , culte de l'abstraction , craint le contact des choses visibles et spiritualise les sens : Tune , *%ns ses brillantes allégories , divinisoit la be^té , véritable objet de l'imitation ; l'autre n'a* dffoaiiié que le malheur et la souffrance. Et qu'^wi n'oppose point, les succès obtenus p^ les modernes dfàks les arts pendant ces derniers siècles.

C'est dans l'étude des monumens anciens, bien plus que dans l'influence de la religion, que s'est allumé parmi eux le génie des beaux-arts. D'ailleurs , il ne faut point confondre l'esprit du christianisme avec la nécessité où se sont crus quelquefois ses ministres de rappeler aux peuples, par des images sensibles , 1^ culte de ses vérités intellectuelles. Si , parmi les beaux-arts , la mur sique jproduit les effets qui s'allient le mieux aux siens , c'est que son expression , à la fois ' vague et ii^time , semble comme lui agir sur l'âme, sans l'intermédiaire des sens.

A la suite de cette religion , élément si important dans la civilisatio|i moderne , se

présentent des institutions politiques qui ne caractérisent pas moins la société qui les adopta. La Grèce et Rome ne nous offrent rien d'analogue à ce système féodal qui , pendant tant de siècles , a régi notre patrie et presque l'Europe entière. Basé sur les plus anciennes coutumes des peuples d'Occident , il est resté long-temps en harmonie avec leurs opinions et leurs mœurs; il est entré dans toutes les parties de leur édifice social : au milieu de ses abus, il a développé les germes de nobles sentimens et de grandes vertus ; survivant enfin à sa destruction même, il n'a cédé aux progrès de la civilisation , qu'en. lui laissant partout l'héritage forcé de ses opinions et de ses souvenirs.

La plupart des institutions du moyen âge lui doivent naissance. Au premier rang il faut placer cette chevalerie si fameuse , et par ce qu'elle a réellement été , et par l'idée que l'imagination s'en crée. Le système militaire de ce temps, en divisant un vaste territoire entre des possesseurs de fiefs > tenus de suivre à la guerre leur suzerain , avoit fait de rhabileté dans les armes , l'accompagne-

ment obligé du pouvoir et de la naissance.

L'usage des tournois favorisa ou plutôt fut la suite de ce goût général pour la profes* sion des armes. Cette institution célèbre, où s'annoncent déjà, si on la compare aux jeux du cirque ancien, les résultats d'une civilisation perfectionnée , fut une école où les guerriers de ce tempis se formoient à la pratique des vertus chevaleresques. Ce que les habitudes des camps avoit de rude et de sauvage y fut adouci par la présence des fenmies , qu'environnoit toujours ce respect pour elles propre aux peuples d'Occident.

On sait quel ressort dcmnoit aux âmes le dé-»^ sir de briller à leurs yeux dans ces jeux cé'-^ lèbres. Le génie du moyen âge semblé s'y être fonné en entier de la réunion de ces deux sentimens , l'amour des dames et llion* neur du guerrier, r^nplacés dans l'âme du soldat antique par le seul dévouement du citoyen.

Mais cette expression même d'honneur du guerrier , rappelle un sentiment presqu'aussi propre aux nations modernes que le terme qui l'exprime. L'antiqtûté du moins n'en a

«7 ni senti Timportance , ni généralisé l'étendae au même degré. Mais le sens qu'on y attache est si sujet à varier , que , pour mieux fair^e ressortir cette opposition , il n'est pas inutile d'en considérer plus particulièrement la nature.

Les anciens présentent Ibuvent les modèles de vertus publiques ou privées ; considérée^ dans leur résultat^ leurs actions étonnent par la grandeur d'âme , de caractère ou l'énergie qu'elles supposent. Mais le mobile ordinaire en étoit , pour ainsi dire , extérieur à leur propre conscience; ils le puisoient dans l'amour de la patrie , dans le respect dû aux lois, dans l'intérêt de l'Etat; et quand ces mobiles positifs cessoient d'agir, leurs pen<^ans naturels reprenaient leur empire. L'honneur au contraire est, pour les nations modernes , une sorte de puissance indépendante des lois, plus précise que la morale même , qui remplit dans la conscience des hommes le vide qu'y laisseï l'imperfection ou l'obscurité de ces règles positives. Ainsi la législation, en réglant l'exercice de notre liberté , prend son point

de vue dans les rapports qui nous lient à nos semblables; c'est par Finfluence de nos actions sur les droits de ceux-ci qu'elle en détermine le caractère. La morale, plus relevée , sait foire abstraction de leurs suites * pour n'en reconnoîtreque les motifs; mais liée dans ses vues par là généralité même de son principe , elle ne voit dans les hommes que des êtres de même naturç, placés dans une même position et soumis aux mêmes devoirs.

L'honneur, plus précis dans sa destination ^ les prend dans la position déterminée où le sort les place daiis la société ; ce n'est uniquement ni d'après l'influence de nos actions sur la condition de nos semblables, ni d'a-< près leur convenance ou leuyQisconvenance avec la dignité morale de notre /iaturej qu'elle les a|iiprécie, mais plus précisément encore d'après les obligations particulières à notre position sociale. C'est dans le corps politique , ime règle imposée à chaque situation donnée et dont, à la différence de la morale qui est une, on peut distinguer autant d'espèces qu'il est de diversités dans ces situations mêmes. Un grand écrivais n'a vu

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