‹ Essai sur la littrature romantiqueChapitre 36 sur 72 · DS EP ECS SE · texte numérisé non relu

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vantoit à ses concitoyens la richesse des sources indigènes dans lesquelles ils devoieut puiser, et l’ascendant d’une poésie conforme à l'opinion et au caractère de lanation. Tantôt il célèbre dans ses odes la force et l’harmonie de cette langue allemande, qui, seule entre les langues d'Occident, n’a point, êté souillée par le mélange d’un idiôme étranger; tantôt il rappelle les souvenirs de l’ancienne patrie; il évoque les ombres de ses bardes et leur fait chanter les louanges des-guerriers., qui, conduits par Herman”, illustrerent les forêts du Weser par la défaite de Varus. Il oppose les dieux de lancienne Gérmanie à la mythologie des peuples du Midi, les accords de la harpe d'Ossian aux chants de la Muse des Grecs. Toujours son talent poétique est soutenu par la réflexion et vivifié par l'enthousiasme national ?: On

t L’'Arminius de Tacite.

2. Mne de Staël, dans son admirable Tableau de la littératuré allemande, a offert la traduction de plusieurs odes de Klopstock. Nous allons ajouter quelques strophes de celle qui a pour titre ces mois : à nofre

langue.

pourroit, il est vrai, reprocher à sa poésie une obscurité habituelle ; la pensée de lauteur échappe dans la hardiesse de ses inversions, et ilsemble parfois ne pouvoir attein-

« O terre que n’ont pas souillée les pas de l’étranger (car tu fus vaincue, mais jamais conquise); terre vraiment libre, tu vis tes vainqueurs épouvantés fuir et n oser te donner des chaînes. L’aigle disparut, et tu restas semblable à toi-même! »

« Ils retentissent encore sur les bords du Rhône les fers du conquérant! L’Ebre les porte encore! Et toi, vieux Breton, ne les entends-tu pas s’agiter dans les mains victorieuses du Danois et du Saxon ? »

« Mais tel ne fut pas, sur les rives du Rhin, l’ascendant des fils de Romulus. Il fallut souscrire à des conditions, souffrir des représailles ; l’épée de Thiuskon vengea ses revers. Le sang de Varus étouffa le bruit de sa chaine. »

« Cependant ils dorment ignorés ces guerriers qui te sauvèrent avec la patrie, Ô langue de Thiuskon, alors que sur les bords du Weser les fers du conquérant s’engloutirent en silence dans ce tombeau de ses légions! »

« Et toi aussi, Ossian, long-temps tu dormis dans l'oubli! Tout à coup on t'a tiré detes ténèbres! Colosse

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dre la force de lexpression qu'en lui sacrifiant la clarté de l'idée; mais ce défaut en est à peine un aux yeux d'un peuple habitué à la réflexion, qui se plait à retrouver l'abstraction métaphysique sous l'enveloppe même de la poésie. | Klopstock a encore composé quelques ouvrages dramatiques moins CONNUS, dont tous les sujets sont empruntés à nos livres saints. Ainsi, ce genie simple et élevé sembloit ne pouvoir allumer ses inspirations que sur l'autel de la religion ou celui de la patrie.

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