‹ Essai sur la littrature romantiqueChapitre 41 sur 72 · FA · texte numérisé non relu

FA

des événemens anciens et obscurs ; on sent qu'il ramène les faits à ses explications, au lieu d'appuyer ses explications sur les faits. D'ailleurs, en multipliant les apercus partiels, il est impossible de ne point affoïblir la force des caractères généraux, qui marquent seuls lesprit d’une littérature et se gravent seuls dans la mémoire *.

: Mme de Staël, douée à la fois de la plus étonnante sagacité et de l’imagination la plus brillante que la nature ait jamais accordée à un critique, tenoit de l'énergie même de ces facultés les seuls mconvéniens de son genre.de style. Elle avoit trop d'idées pour donner à chacune le développement convenable; elle pénétroit les faits trop facilement pour s’y arrêter le temps nécessaire. Ses opimons semblent plutôt le fruit d'une révélation spontanée que d’une mûre réflexion; elle frappe presque toujours au but, mais ne montre pas toujours aux autres le chemin par où lon y arrive. La vivacité de ses impressions, l’activité continuelle de son imagination l’entraînent et la dominent, et, sans nuire (par un rare privilége) à la justesse de ses vues, fatiguent quelquefois par la mobilité qui leur est propre. Ses ouvrages enfin, si brillans de sentimens et d’éloquence, si riches en idées neuves et fécondes,

pèchent par l’excès même de leurs qualités, laissent

Mais ces réflexions même tombent devant le tableau que madame de Staël nous a laissé de la littérature en Allemagne. Ceux qui veulent juger à la fois et de la hauteur où un grand talent peut élever la critique littéraire, et des progrès que la littérature romantique a faits dans cette contrée, doivent lire cet étonnant ouvrage, fruit de la maturité du génie de l’auteur. La France avoit eu, avant madame de Staël, plusieurs critiques éclairés et judicieux ; mais ce qui Caractérise le talent de cette femme célèbre, c’est ce don de la nature qui semble confondre en elle lejugement avec la sensation même, sans les altérer Pun par l’autre, et lui fait joindre dans ses écrits deux qualités presque opposées, la justesse et la liberté des idées, avec la confiante sympathie du cœur. Presque toutes les beautés dela littérature romantique, presque toutes les causes qui militent en faveur

parfois à désirer au lecteur cet accord de vues et d'idées, cette unité de résultats, et, pour ainsi dire, cette conscience de sa propre conviction que le

seul développement d’une grande pensée produit ailleurs.

7 s + ji à TE LORS ro ER ie tt Lai lc an area te ae tnt schema am mbment tom dates mamaiéi sms dniansnmennen 7 ne" = : labolsinté sit agess #

ET NEA ET és. us

16/4 de son application, sont indiquées dans cet ouvrage. On y trouve une définition exacte des systèmes classique et romantique; et si l'auteur, qui ne traitoit ce sujet qu'en passant, eût donné quelque développement de plus à ses idées, il est bien probable qw’il eût entrainé la conviction et fixé dès lors l'opinion sur un point tant controversé depuis.

Page 1