‹ Essai sur la littrature romantiqueChapitre 44 sur 72 · NAN RUE · texte numérisé non relu

NAN RUE

ne puissent exciter l'intérêt de leurs descendans. Ce qui caractérise le talent de cet écrivain, c’est l'alliance de deux qualités qu'on rencontre rarement ensemble, un grand savoir et une imagination brillante.

Pour éclairer la partie poétique de notre histoire, il s’est livré à des recherches scien-

tifiques qui rappellent par leur étendue les infatigables travaux des érudits des siècles passés; mais il possède en même temps ce qui manquoit à ceux-ci, le goût et l’imagination , et sa prose, réunissant ainsi les qualités de deux époques, tour à tour instruit par l'exposé des faits et charme par la grace des récits.

En général, la tendance romantique. des lettres en France ne sauroit être méconnue.

Elle s'annonce dans les journaux, au ‘théätre, dans les discussions mêmes de la critique. La poésie lyrique a pris un nouvel essor sous la plume de strois auteurs, qui, jeunes encore, ont signalé leur début dans la carrière par de brillans succès ‘. D'un commun accord , ils ont abandonné ce système littéraire qui bannissoit de la poésie ce qui peut le mieux linspirer, la religion et la patrie. Ils ont donné à son langage plus de profondeur et d'énergie ; et ont fait éervir à émouvoir, un art dont tout le but

: [l'est inutile de nommer MM. C. Delavigne, De-

lamartine et V. Hugo.

étoit jadis de plaire. On dira d’eux aussi, qu'engagés par leurs opinions sur des routes différentes , ils ont donné exemple d’un talent exempt de jalousie et d’une rivalité que n’envenime. point l'esprit de parti. Mais laissons à la génération qui suit, le soin de décerner à la nôtre ses couronnes , et n’affoiblissons point par des louanges, même méritées , lardeur qui en fait obtenir de

plus belles.

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