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pendantes de la forme générale de l'ouvrage.
Les pièces de Schakespear présentent fréquemmentle même caractère. Onse demande, après avoir lu Hamlet, quelle a pu être la
pour avoir sa moralité, doit être funeste à celui qui s’y livre; c’est une idée qu’il développe avec soin en lappuyant de l'exemple d'Homère; et, dans son livre comme dans l’histoire, le fanatisme obtient un triomphe complet. De telles contradictions étonneroient davantage , si elles n’avoient leur source dans la naturé même du talent poétique; il semble exister pour lui un instinct inné qui le garantit des erreurs de l’esprit de système. Nous sommes loin de nier qu’un poëme épique ne puisse offrir d'excellentes leçons de morale et de vertu; mais ces leçons doivent s’y trouver naturellement, comme dans les événemens même de la vie; le poële ne doit pas avoir pour but de les y placer, n1 prétendre être plus sage que la Providence; qui à voulu que nous apprissions nos devoirs d’une source surhumaine ou des lumières de la raison; et non des résultats des choses de ce monde. Au reste, veutz on savoir sur quel genre de preuvés le P: Lebossu fonde son système? Horace, dans une de ses épîtres, a dit, en poëte, que les règles de conduite et de morale renfermées dans les vers d'Homère instruisoient mieux
que toutes les déclamations de l’école. Telle pa-
pensée de l’auteur dans la conception de cet ouvrage, interprété en tant de sens divers par la critique; et cependant il n’est peutêtre pas dans le cours de la pièce un seul trait dont on ne retrouve dans la nature l’origine et l'explication. Plusieurs comédies du même auteur semblent le jeu libre et vague d’une imagination feconde, qui créesans autre but que celui de la création, et où la pensée , érrante d'objets en objets, n’a d'autre dessein que de jouir de sa propre activité. De
roit être du moins la pensée contenue dans ces veTS :
. 2 Quid sit pulchrum, quid turpe, quid utile vel non
Homerus melius Lysippo ac Crantore dicit.
Le critique, s’attachant au sens littéral, en conclut qu'Horace a voulu assimiler lIliade aux ouvrages des sophistes dont il parle; et c’est sur ce fondement qu'il transforme le poëme épique en un traité de morale, et le chantre inspiré d'Achille en un faiseur d’apologues. Mais ces opinions étonnent moins dans la bouche d’un critique qui débute par définir la poésie à peu près comme on définiroit un métier : l’art de faire toutes
sortes de poëmes.
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nos jours, un poëte anglais célèbre a bien compris quels effets on doit attendre d'un genre semblable decomposition. LordByron, dans ses créations originales , peint des hommes dont les passions et le caractère semblent appartenir à une nature plus relevée ; mais, comme si le prestige de leur supériorité devoit s’évanouir avec la connoïssance entière de leur vie, sa main laisse sur une partie du tableau le voile dont elle affranchit l’autre, et force l’imagination ébranlée d'en achever elle-même les contours. Un intérêt puissant s'attache à cette peinture incertaine de la destinée. L'esprit, comme transporté dans une région inconnue, cherche, à laide de quelques lueurs, d’en saisir l’ensemble, et, au milieu des ombres qui. les entourent, les scènes isolées se détachent plus brillantes et plus animées; l'imagination se frappe comme la vue, à l’aide de l'obscurité, qui exagère les proportions des objets et leur prête une apparence merveilleuse dont les dépouilleroit une lumière plus vive.
Les qualités s’enchaînent en littérature comme les idées se tiennent dans notre esprit. Celle qui vient d’être décrite se rattache à une seconde plus fréquemment observée dans la littérature romantique , et qui longtemps a passé pour en faire le seul caractère ; nous voulons dire la peinture de cette disposition de l’âme à laquelle on a donné le nom de Mélancolie.
Ici encore se montre, entre les deux littératures ancienne et romantique > un contraste signalé dès long-temps , par un écrivain célèbre, mais dont, dans un de ses premiers écrits, il s’est peut-être exagéré les conséquences”. Sans aller jusqu’à prétendre que
1 Mne de Staël (voy. ci-dessus l’analyse de son ouvrage) a vu dans le penchant mélancolique de l'esprit le caractère exclusif des temps modernes, et a cru même pouvoir rattacher aux développemens successifs de ce penchant les progrès faits par les letires et la
civilisation depuis les temps anciens jusqu'à nos jours.
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