‹ Essai sur la littrature romantiqueChapitre 55 sur 72 · HUE · texte numérisé non relu

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pas fait attention que la plupart des auteurs auxquels les partisans même de cette opinion contestent le moins la qualité de romantiques, Schiller, Goëthe, lord Byron et une foule d’autres, ont peint indifféremment le moyen âge ou la société contemporaine, et qu’en littérature ce qui caractérise un ouvrage, C'est bien moins le choix ou Pépoque du sujet, que l'inspiration et les sentimens que l’auteur y rattache. D'ailleurs, l'intérêt qu'inspirent ces tableaux du moyen àge s’affoiblit tous les jours par la marche d'une civilisation qui nous éloigne des institutions qu'il retrace. Réduire ainsi la littérature romantique à n’être que l'expression d'un ordre de choses qui n’existe déjà plus, c’est en rétrécir étrangement le domaine, c'est la dépouiller du principe de vie de toute littérature , qui est dans son union intime avec l'état présent de l'opinion et de la pensée. La littérature romantique n’est point ainsi finie.

Née dans toutes ses parties du génie des temps modernes, elle doit le suivre dans toutes ses phases , survivre aux modifications partielles des institutions et des mœurs,

marcher parallèlement avec les sentimens et les idées acquises, et, sur cette route, enfin, ne connoître de bornes, que celles fixées par

le temps même à la civilisation dont elle est l’organe.

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