‹ Essai sur la littrature romantiqueChapitre 63 sur 72 · PTS · texte numérisé non relu

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faire ressortir le néant des grandeurs dont il les entretenoit. Quand Bossuet parle de la mort d’un prince, au milieu des traits sublimes qui semblent naturels à son style, ce qui le frappesurtout, c'est le rapprochement de son état passé avec l’état où la mort a placé; s’il l'effraie, c'est que tant de grandeur n’ait pas mis à l'abri de ses coups. Cependant la nécessité de la mort est si connue, qu'un exemple de plus, n’apprend rien à personne; et ce qu'il y a de terrible dans la leçon qu’elle donne, c’est la leçon elle-même et non la qualité dela personne qu’elle frappe. Peu après la mort de Louis XIV, un courtisan, à qui l’on racontoit un fait extraordinaire, s’écrioit : {près la mort du roi, on peut tout'crotre ; et cette expression naïve de l'admiration qu'inspiroit alors la puissance, n’étonne point dans la foule de ses adorateurs; mais ces majestés humaines, où le vulgaire n’osoit lever les yeux, lorateur chrétien, du haut desa chaire, devoit les envisager avec plus d'assurance”.

: Louis XIV, loué avec excès par les poëtes, a reçu

La littérature du dix-septièmesiècle, constituée sur ces bases k forte de ses grands noms et de ses brillans exemples, propagea ses doctrines dans une grande partie de l’Europe. En France, le dix-huitième siècle en reçut l'héritage du siècle précédent, et cette période d’effervescenceet de hardiesse en religion eten politique, ne fit que consacrer, par une déférence absolue et par de nouveaux succès , le culte des règles classiques. Le plus célèbre des hommes de ce siècle, ce prodige littéraire, dont le nom en remplit toute l’étendue, Voltaire ,enattaquantdans sesnombreux écrits tout ce que l’ère de Louis XIV avoit respecté d'institutions politiques et religieuses, s'est constamment soumis à l'exemple et

des ministres de la religion sa véritable apothéose. Dans l’oraison funèbre d'Anne d'Autriche, l’orateur termine quatre pages de louanges par ce trait : « Tout » le genre humain demeure d’accord qu'il n’y a rien » de plus grand que ce qu’il a fait, si ce n’est qu’on » veuille compter pour plus grand encore tout ce qu'il » n’a pas voulu faire, et les bornes qu’il a données à » Sa puissance. » — Quel éloge d’un roi qui s’accusa lui-même de l'esprit de conquêtes!

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