APPLICATION DU PRINCIPE AUX DIFFERENTES SITUATIONS
profession n’est pas une confession. Sans nier qu’il , est des cas où le second de ces actes peut être de ' / convenance ou même de rigueur, il faut reconnaître que ce sacrifice de nos mystères, ce martyre peut-être de notre amour-propre, ou bien cette périlleuse épreuve de notre humilité, est rarement un devoir du croyant et une nécessité de sa position. Il n’est pas bien sûr que le récit mutuel de nos expériences intimes soit sans inconvénient d’im homme à un autre : combien moins encore qu’elle soit sans dan- \ ger vis-à-vis des premiers venus ou du public! Nous . croyons nous être assuré que la foi vraiment sérieuse, la foi passée en vie produit deux effets qui se balancent : le premier, de nous armer de franchise; le second, de nous inspirer la réserve. Le même respect qui nous oblige de rendre gloire à la vérité, nous persuadera de ne pas exposer au grand jour, de ne pas jeter en pâture à la curiosité vulgaire tous les r événements internes, toutes les fluctuations successives et les mystérieuses impressions de notre âme, tous les secrets enfin de ce commerce profond et silencieux, dans loquel notre part à nous se nomme la prière, et la part de Dieu s’appelle la grâce. On l’a dit, l’âme a sa pudeur aussi bien que le corps; et le sentiment religieux, ou, pour mieux dire, la foi vivante, rend cette pudeur plus délicate et plus craintive. À un degré moins élevé de la vie religieuse, on est à la fois moins franc et plus indiscret ; à mesure que la vie intérieure se développe et se confirme, la franchise et la discrétion augmentent. Il y a plus