SECONDE OBSERVATION
M. le docteur Kühnlioltz étant placé debout sur un tapis tendu à cinquante centimètres environ derrière un paravent haut de près de deux mètres , et n’étant appuyé à aucun meuble afin qu’il ne pût y avoir de craquement produit, une jeune personne, Mademoiselle Marion Bourelly, assise de l’autre côté du paravent auquel elle tourne le dos , et ayant devant elle les rayons non vitrés d’une bibliothèque, s’éveille sur l’ordre mental du docteur. La somnambule étant assise et endormie , et le magnétiseur déjà à sa place derrière le paravent, je dis à l’oreille à M. Kühnholtz, et sans que personne à coup sûr pût nous entendre ni nous voir, d’ordonner le réveil lorsque dans la conversation je placerais un mot que je désignai et ne répétai à personne. Lorsque ce mot que je fis attendre long-temps fut prononcé , la somnambule , devant qui j’avais été me placer depuis sept ou huit minutes , se réveilla en sursaut. Le même effet se produisait , lorsque , le magnétiseur et
la magnétisée étant dans les positions indiquées cidessus, je donnais le signal en serrant au magnétiseur la main que lui et moi tenions derrière nous , en regardant lui le paravent , moi la somnambule.