PREMIÈRE ÉRUPTION DES RÈGLES
1® Symptômes. Cette première éruption des règles se fait quelquefois sans prodromes bien marqués ; c’est parfois en jouant, en dansant , parfois pendant le sommeil, qu’apparaît cette hémorrhagie. Dans beaucoup de-cas, au contraire, la congestion qui la précédé signale son existence par de nouveaux symptômes.
Un malaise général survient, un véritable mouvement fébrile se déclare, les parties génitales se tuméfient, et, ainsi que les mamelles, deviennent douloureuses et sensibles. La jeune fille se plaint de pléthore générale, de céphalalgie, de pesanteurs dans les lombes et les cuisses ; des teintes bleuâtres cernent ses yeux abattus.
Parmi les symptômes les plus ordinaires, il faut placer la perte de l’appétit, ses bizarreries ; le goût des acides ou des substances nuisibles, les maux d’estomac, les digestions difficiles, les coliques parfois très-vives, qu elle éprouve.
Enfin un écoulement muqueux survient et amène un soulagement marqué ; il persiste quelques heures, rarement plus d’un jour ; bientôt il est remplacé par du sang pur qui coule goutte à goutte. Cette excrétion sanguine, ordinairement peu abondante, dure rarement
plus de deux ou trois jours.
2“ Accidents. Chez un certain nombre de jeunes filles, la menstruation s’établit facilement. L’économie semble s etre préparée in-
sensiblement, et pour ainsi dire à leur insu, pour l’établissement de cette nouvelle fonction. Souvent même on voit la puberté apporter une influence heureuse et faire cesser des maladies jusqu’alors incurables.
Mais il n’est malheureusement pas rare de voir cette époque devenir, chez certaines femmes, le signal des plus violentes perturbations; certaines maladies lui emprunter une force nouvelle, et s’enfoncer plus profondément dans l’organisme.
La phthisie, la chlorose, avec son cortège de symptômes, des éruptions diverses, l’hystérie , l’épilepsie, etc., sont souvent One conséquence de la puberté.
C’est aussi à cette époque que l’on voit le plus souvent survenir la nymphomanie ou fureur utérine, triste maladie qu’accompagnent les discours les plus lascifs, les actes les plus obscènes.
«J’ai vu, dit Buffon, une fille de douze ans, très-brune, d’un teint vif et coloré, d’une petite taille, mais déjà formée, avec de la gorge et de 1 embonpoint, faire les actions les plus indécentes au seul aspect d’un homme ; rien n’était capable de l’en empêcher, ni la présence de sa mère, ni les remontrances, ni les châtiments ; elle ne perdait cependant pas la raison, et son accès, qui était marqué au point d’en être affreux, cessait dès le moment qu’elle demeurait seule avec des femmes. »
Epoque de la première menstruation.
L’époque de la première menstruation est subordonnée à plusieurs causes, à savoir : le climat qu’habite la femme, son genre de vie, l’éducation qu’elle a reçue, son tempérament.
1 Climat. Dans les pa.ys où une chaleur brûlante exalte la sensibilité et la circulation, dans l’Égypte, l’Inde, la Turquie, etc., les femmes sont plus précoces et deviennent plus promptement mères.
Les filles de l’Asie, écrit Montesquieu, étant nubiles à huit ou dix ans, l’enfance et le mariage y vont presque toujours ensemble.