‹ Essai sur la Métaphysique d'AristoteChapitre 107 sur 228 · LIVRE I, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE III

fondent, identifient leurs étendues '. Sans perdre aucune de leurs propriétés respectives , ils se remplissent mutuellement, ils occupent la place lun de l’autre dans toutes leurs dimensions ?. Or, que deux corps se pénètrent ainsi exactement et dans toute la rigueur du mot, c’est, dit Alexandre d’Aphrodisiade, ce que ni le sens commun ni la raison n’admettent 5. Si l’âme ou si la qualité s’étend par tout le corps, si elle est présente à la fois à toute son étendue, cest justement la preuve qu'elle est par elle-même inétendue et incorporelle.

Supposons, en effet, que l'âme soit un corps, ayant, par conséquent, de l'étendue. Elle aura des parties. Qu'est-ce donc qui les tiendra unies ? C’est, selon les Stoiciens, une certaine disposition, ou qualité,.qui consiste dans la tension. Mais cette tension est-elle un corps, à son tour, comme en effet les Stoïciens furent contraints de le soutenir ? Alors il lui faudrait encore un principe d'unité; et l'on irait ainsi à l'infini. Force est donc de s'arrêter à la tension; force est d’avouer que ce qui fait l'unité d’un corps, en dernière analyse, et selon les principes des Stoiciens eux-mêmes, ce n’est pas le feu, ou

1 Stob. Ecl.t.1I, p. 376.

? Alex. Aphrod. de Mixt. ἢ 142-3.

8 Id. ibid., [Ὁ 143 à : Τό τε οὖν σῶμα διὰ σώματος χαίρειν (leg. χωρεῖν) Υ ᾿Ξ x x S» , 9. ἐκ - , Ἢ \ x A ᾧ χρῶνται πρὸς τὴν τῆς χράσεως ἀπόδοσιν, ψεῦδός τε χαὶ παρὰ τὰς χοινὰς

προλήψεις χαὶ τὰ φυσικὰ κατ᾽ αὐτοὺς τῆς ἀληθείας χρίτηριᾷ, ELC.

l'éther, ou un corps subtil, quel qu’il soit, mais une manière d’être, une qualité, une forme. Donc, c’est la qualité, la forme incorporelle, qui est la véritable âme :.

Si donc l’âme est à la fois dans tout le corps, c'est qu’en effet elle ne lui est pas unie par mélange : elle y est comme toute forme est en sa matière ?. Aussi en est-elle inséparable. Sans le corps, laquelle de ses fonctions pourrait-elle exercer? Ni la nutrition, ni la sensation, cela est évident; mais pas davantage la pensée. La pensée implique l’imagination, et celle-ci les sens. — L’âme n’est donc pas plus séparable de son corps qu'une figure, qu’une limite ne l’est de l'étendue qu’elle termine. Eile n'en est séparable que par une abstraction de notre entendement $. D'où il suit qu’elle commence et finit d’exister avec le corps 4. Et c'est encore une raison pour qu’elle ne puisse former avec le corps un mélange : le mélange n'a lieu qu'entre les choses qui peuvent, et avant et après, subsister séparées ὅ,

1 Id. de An., f 145 b: Μετά τινος οὖν ἔσται εἴδους ἰδίου καὶ λόγου καὶ δυνάμεως χαὶ, ὡς αὐτοὶ λέγουσι, τόνου" ἀλλ᾽ ἀεὶ (leg. εἰ) τοῦτο, οὐ τὸ πνεῦμιαι ἔσται ἢ τὸ πῦρ ἡ ψυχὴ, ἀλλὰ τὸ ἐν τούτοις εἶδος καὶ ἡ δύναμις καὶ ὁ τόνος.

5.14. ibid. Ὁ 123 ": Τῇ ἐπινοίᾳ χαὶ τῷ λόγω τὴν ὕλην τοῦ εἴδους χωρί- Couev.

4 Id. ibid., f 126 a : Εἰ δὲ ἔστιν εἶδος ἡ ψυχὴ... τὸ δὲ εἶδος ἄλλου ὃν (τοιοῦτον γὰρ ἡ ἐντελέχειά τε χαὶ τελειότης), οὐχ, οἷόν τε ἄνευ ἐχείνου οὗ ἐστὶν εἶναι... ὥστ᾽ οὐδὲ τὴν ψυχὴν οἷον τε εἶναι χωρισθῆναι καὶ καθ’ αὑτὴν ὑφεστάναι.

$ Id. de Mixt., ἴ9 143 Ὁ.

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