LIVRE I, CHAPITRE III
né, il faut nécessairement que Sophronisque ait existé. De ce que des fondements existent, il ne suit pas que la maison existe; mais la maison présuppose les fondements. La nécessité n’a donc lieu qu'en remontant de l'effet à la cause.
Mais de là il ne suit pas encore que les choses aient nécessairement pour causes tout ce qui les précède. La nuit n'est pas la cause du jour, ni l’été la cause de l'hiver, ni les jeux Olympiques celle des jeux Isthmiques, ni l'action de se lever la cause de l’action de s’asseoir. C'est une même volonté qui fait qu'on s’assied et qu’on se lève : c’est le mouvement du soleil qui cause et le jour, et la nuit, et les différentes saisons qui se succèdent tour à tour. L'unité du monde n’exige donc nullement, ainsi que les Stoïciens le prétendent, que les phénomènes successifs s’enchainent comme causes et effets les uns des autres : il suffit d'une cause permanente qui, sans être aucun d’eux, les produise tous successivement ?.
D'un autre côté, remonter à l'infini de cause en cause, c’est nier la causalité même; car s’il n’y ἃ
. . # # = \ ᾿ὔ 1 Τά, ibid., Ὁ. 112 : Οὕτως ἔχειν ὑποληπτέον καὶ ἐν τοῖς γινομένοις φύσει ᾽ 3 x \ rs » , ΄ ᾽ ΕῚ -» ’ " ‘ € , s δ + τὰ αἴτια, ἐξ ἀνάγκης » οὐκ αὐτοῖς πρώτοις ἐξ ἀνάγκης ἑπόμενον τὸ αἰτίοις εἴναι τινῶν, ἀλλὰ τοῖς ὑστέροις γινομιένοις τὸ ἐξ ἀνάγχης ἔχειν τι τῶν πρὸ αὐτῶν ᾽ 9 ἴ i ? ὶ ν ὡχίτιον.
2. Τὰ. ibid., p. 116 : Τῆς μὲν γὰρ συνεχείας τῶν γινομένων ἐστί τις αἰτία δ € Φ " CR \ \ ᾽ 1 \ ε ᾿ , δι᾿ ἣν ὁ κόσμος εἷς TE χαὶ ἀΐδιος κατὰ τὸ αὐτό TE χαὶ ὡσαύτως ἀεὶ διοικού-
pas une cause premiere, nulle autre n'est possible. En supprimant le principe, on supprime par cela seul tout ce qui suit’. Du méme coup, aussi, on supprime la science : car elle n’a d'autre objet que les causes premières ?. —Si donc, d’une part, il ne se peut pas que le monde ait eu un commencement (comme les Stoïciens en tombaient d'accord avec les Péripatéticiens ), si, de l’autre, il faut un commencement dans l’ordre des causes, force est de tout rattacher à une cause première, placée en dehors de tous les phénomènes dont se compose l'existence éternelle du monde. Ainsi, au lieu d'une chaïne sans fin de causes, où s'implique elle-même la force divine, le monde consiste en une série de phénomènes produits les uns à la suite des autres, sans interruption, par laction continue d'une seule cause, qui est sans cause elle-même; et ja force divine forme comme la limite extrême d’un cycle éternel, auquel elle imprime, immobile, le mouvement.
On ἃ vu le Pyrrhonisme, s'attachant à l’idée stoicienne de la cause, en démontrer l'impossibilité. Alexandre fait plus : il y substitue la théorie péripatéticienne; il retire, en quelque sorte, la cause première du milieu des phénomènes physiques et
1 Id. ibid., p. 119 : To γὰρ μηδὲν πρῶτον αἴτιον λέγειν, ἀναιρεῖν ἔστι τὸ :- : x RE a 0 Ne à AU Se αἴτιον" ἀνοιοουμένης γὰρ ἀρχῆς, ἀναιρεῖσθαι καὶ τὸ μετ᾽ αὐτὴν ἀνάγκη.
2 Id. ibid.
de la région du temps ; il la replace au rang plus élevé que lui a assigné l’auteur de la Métaphysique.
Or, maintenant, si toute cause n'est pas nécessairement un événement, effet d'une cause antérieure, il ne suit pas de ce que tout événement a une cause, que cette cause soit elle-même un événement et un effet’; des lors, il n’est pas nécessaire, comme les Stoiciens le veulent, que nos déterminations soient la conséquence fatale, inévitable, de faits antérieurs. IL faut qu’elles aient une cause; mais cette cause, c'est nous-mêmes, et il n'est besoin d'aucune autre ?. Dira-t-on que nos volontés supposent des motifs ? Mais ces motifs, il dépend de nous d’y acquiescer ou d’y résister : il dépend de nous de déférer à celui-ci plutôt qu'à celui-là, de choisir entre le beau, l’utile et l’agréable, entre la vertu, l'intérêt et le plaisir. C'est justement le propre du libre arbitre, de se décider par lui-même et sans aucune cause extérieure ÿ.
D'ou vient, cependant, que tendant naturellement au bien, comme tout être, nous préférons souvent ou le moindre bien ou le mal? Tandis que la cause première, tandis que Dieu persévere, im-
" 14. ibid., p. 116: Οὐ γὰρ, εἰ πάντα τὰ γινόμενα πάντα αἴτια ἔχει, δὴ LOL πάντων εἶναί τινας αἰτίας ἀνάγκη" οὐ γὰρ πάντα τὰ ὄντα γίνεται.
? Id. ὙΠ p. 80: de An. {° 158 b.
5 Id. de Fato, p. 83 : Τοῦτο γὰρ ἦν τὸ ἀνθ:ώπῳ εἶναι, τὸ γὰρ (del. γὰρ ?)
, A \ , 7 - ᾽ , - , "“ AIN AOL τισι εὐχαὶ τῶν δι᾽ αὐτοῦ γξνομιξνῶν πράξεων.
muable, dans un même acte éternel, d’où viennent en nous ces variations? Elles viennent du même principe qui cause dans le monde la corruptibilité et la destruction : elles viennent de ce non-être, être en simple puissance, qui, se mélant partout avec l'être, introduit partout (selon le langage stoicien) l’atonie et la faiblesse. De là, hors de nous, l'accident et le hasard; en nous, le libre arbitre et ses variations". Mais la région terrestre où le non-être se rencontre, n'est qu’un point dans l’univers et dans l’immensité du monde céleste; et de la lune à la sphère des fixes, règne une éternelle régularité?. Le cours uniforme de la nature incorruptible est donc presque tout; le non-être, qui ie trouble, presque rien; et l'accident, le hasard, la liberté, auxquels il donne lieu, en un seul mot, le contingent, l’éventuel, n'est qu’une imperceptible exception.
Ainsi, après avoir défendu la liberté de l'homme contre le destin des Stoiciens, Alexandre d’Aphrodisiade semble ne la laisser subsister qu’à regret,
1 Id. de An. f° 159 ἃ: Τοῦτο δὲ ἐν μὲν τοῖς ἐκτὸς αἰτίοις γενόμενον, τὴν , LES ἢ ed PRET ec " τύχην ἐποίησε καὶ τὸ αὐτόμιοιτον, ἐν δὲ τοῖς ἐν ἡμῖν, τὸ ἐφ᾽ ἡμῖν᾽ αἰτία ἐμ:
5 ga 4 δ = \ ὦ - #2 ἐν ἡμῖν φύσις δοχεῖ καὶ ἔθος τῆς προαιρέσεως" GE
θ τὸ μιὴ ὃν, κατὰ τοσοῦτον χαὶ ἐν ne προαιρέσει. Διὸ χαὶ TOR ROSE ἔσθ᾽ ὅτε ταῦτα ὧν ἡ αἰτία οὐ προχατοαθέοληται ἐν ἡμῖν, δι᾿ ἀσθένειαν χαὶ ἀτονίαν τῆς θνητῆς φύσεως" ἀε Los ἐπὶ τοῖς αὐτοῖς ἐκινούμεθα. ἀλλὰ ἡ τοῦ
μιὴ ὄντος ne ὡς εἰπον, ἐν οἷς ἂν ἡ ταῦτα (leg. ταὐτην) ἁ ἀφαιρεῖται τὴν αἰδιότηται,, καὶ τὴν χατὰ τὰ αὐτὰ ἀεὶ ἐνέργειαν.
3 Id. ibid.