‹ Essai sur la Métaphysique d'AristoteChapitre 112 sur 228 · LIVRE I, CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE IL

sépare bien plus qu’Aristote n'avait voulu le faire. S'il revendique pour l’homme et pour Dieu leur liberté, c’est pour laisser la volonté de l’homme sans base et sans raison, c'est pour soustraire en partie à la connaissance et à l’action divine la nature et l'humanité.

Aussi, comme on ἃ vu Marc-Aurele, s’écartant de la doctrine primitive des Stoïciens, substituer à l'idée d’une action divine universelle et immédiatement présente à chaque chose, celle d’une première impulsion, dont l'effet se propage de mouvement en mouvement dans toute la nature; de même, suivant Aristote tout se fait dans la nature par un art à. la fois irréfléchi et divin, c'est-à-dire par la Pensée, descendue en quelque sorte dans la matiére, et qui y produit le désir et le mouvement, et suivant le Commentateur, cet art se réduit à une série de mouvements enchainés les uns aux autres et dépendant tous en dernière analyse de la révolution éternelle de la sphere céleste, que meut seule immédiatement le premier moteur ἢ.

Enfin, en même temps qu’il confine pour ainsi dire hors du monde cette cause suprême dans

1 Id. ir Aristot. Metaph., 1, 9. (Schol. in Aristot. ed Brand,., p. 575): 9 4 (4 = 7 « LA [2 ’ ε - - , -Ὁ- , Οὐ γὰρ οὕτως λέγεται ἡ φύσις θεία τέχνη ὡς τῶν θεῶν ταύτῃ τῇ τέχνῃ χρωμένων, ἀλλὰ τῷ ἀπὸ θεῶν οὖσα δύναμις τὸ εὔτακτον τῆς χινήσεως σώζειν κατ᾽ ἀχολουθίαν τινὰ ἡρμιοσμιένην μιὴ κατὰ λογισμιόν τινα καὶ νόησιν, ἀλλὰ τῷ ὃ

CE 2 “ἡ Υ̓ AT EXELVOY ELVAL,

laquelle Aristote avait vu l’essence et la forme premiere de tout être, Alexandre d’Aphrodisiade ne sait plus la maintenir à ce point de perfection surnaturelle où l’auteur de la Métaphysique l'avait portée, et il assujettit la nature divine aux conditions et aux limites de la nature humaine. En effet, s’il définit Dieu, comme l'avait défini Aristote, l’intelligence qui n’a d’autre objet qu’elle-même, néanmoins, selon lui, ce n’est pas en tant qu'intelligente, ce n'est pas en tant que pensante qu’elle se pense : c'est seulement en tant qu'intelligible. Car il est impossible qu’elle soit en même temps, selon le même rapport, et pensante et pensée : ce seraient deux contraires en un même sujet !. — Or n'est-ce pas précisément le propre de la nature divine, telle que la Métaphysique la représente, qu’étant la simplicité même, aucune différence n’y subsiste, et le principe de l'exclusion mutuelle des contradictoires n’y trouve plus sa place? En effet le caractère éminent de l’intelligence divine, ce qui la distingue spécialement de la nôtre, c’est qu’elle n'est pas une substance qui possède la faculté de penser, mais qu’au contraire, rien ne pouvant être en elle à l’état de simple

1 Id. de An., ʰ 144 a : Νοεῖν δὲ ἑαυτὸν ὁ ἐν ἕξει νοῦς χαὶ ἐνεργῶν δύναται,

» δ αν s χα. ἃ “ \ « We ὌΨΙΣ \ 5 οὐ χαθ᾽ ὃ νοῦς ἐστὶν, duo γὰρ καὶ χατὰ ταὐτὸν αὐτὸ τὸ νοεῖν ἔσται HAL νοεῖσ-

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