‹ Essai sur la Métaphysique d'AristoteChapitre 120 sur 228 · LIVRE I, CHAPITRE IIL. gl · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE IIL. gl

idées qui forment sans doute le second principe, correspondant à l'intelligence universelle d’Alcinoüs, proviennent -elles de Dieu? Comment l'âme du monde les recueille-t-elle? c’est ce que Plutarque ne tente pas encore d'expliquer.

Numénius' compte trois dieux, qu'il appelle le

! Numénius d’Apamée avait vécu avant Origène, qui le cite (contra Cels., 11, p. 198), et qui avait étudié soigneusement ses ouvrages, ainsi que ceux de Longin, de Modératus, etc,, et de tous les principaux Pythagoriciens (Porphyr. ap. Niceph. Call, Häst. eccl., V, 13, et Suid., v. Opry.). D'un autre côté il avait vécu après J.-C., d’après Théodoret (Therap., serm. 2). Il reste à fixer sa date entre ces deux limites. Jonsius ( de Script. hist. phil., ΠῚ, x, 4) le place sous Antonin, par pure conjecture , de son propre aveu, et sans en donner aucune raison, Fabricius ( Bibl. gr., τ. II, p. 63) ne détermine rien. Brucker (Æist, crit, phil, II, 176) place aussi Numénius sous les Antonins, parce que Porphyre (Fit. Plot., ce. 14) le nomme avec Caius Sévérus et Atticus, dont le second νέοι sous Mare Aurèle (Syncell., p. 353). Krug (Gesch. der Phil. der alt. Zeit. Leipz. , 1827, in-8°, p. 424) considère aussi comme vraisemblable que Numénius a été contemporain d’Atticus. M. Ritter (Hist, de la phil., trad. fr., τ IV, Ρ- 427) lui assigne approximativement la même date. Heeren (ad 510}. £cl., t. 1,p. 834) le fait maître d’Amélius, sans doute sur ce seul fondement qu'Amélius (qui était aussi d’Apamée), le suivait presque en tout point, au rapport de Proclus. — 11 me semble qu’il faut placer Numénius à une date un peu plus reculée qu’on ne le fait généralement. D’abord il est certain qu’il vivait , au plus tard , du temps d’Atticus ; car Harpocration, élève de ce dernier, élait postérieur à Numénius, comme on le voit par un passage de Proclus (in Tim., p. 93). Mais de plus, un des ouvrages de Numénius traitait de la différence de la doctrine des Académiciens et de celle de Platon (Euseb., Præp. ev., XIV) ; or, du temps de Néron, il n’était déjà plus guère question des Académiciens, comme on l'a déjà vu (ci-dessus, p. 250), et il est probable que Numénius écrivit son livre dans un temps où cette secte subsistait encore , ou du moius venait à peine de s’éteindre, Enfin une lettre d’Apollonius de Tyane était adressée ou supposée adressée à un Numénius (Stob, Serm,, CXXIV, 35). Il est assez probable que ce Numénius n’est autre que Numénius d’A pamée, Pythagoricien comme Apollonius lui-même,

Pére, le Fils et le Petit-Fils. Le premier est, selon lui, au-dessus de lêtre et de l’idée; c’est leur principe, le Bien; le second est l'être et l’idée par excellence, et la cause de la génération; le troisième est l'âme, par laquelle la génération s'effectue : c'est l'âme du monde, qui est le monde même. Ainsi, le premier Dieu est le Père, le second l’ouvrier, et le troisième l’œuvre; mais en réalité les deux derniers ne font qu'un’; c’est un seul et même être considéré dans deux états différents. Un en lui-même, il entre en commerce avec la matière essentiellement diverse, mobile et agitée; il l'unit, mais elle le divise ?. C’est ce que fait l’âme au corps, et le corps à l'âme. En effet, tant que le second Dieu tient ses regards attachés sur son principe, il demeure dans l'intelligible, livré à la pure contemplation, et ne sort pas de lui-même; mais il regarde aussi du côté

! Procl. in Tim., p. 93: Νουμήνιος μὲν γὰρ τρεῖς ἀνυμνήσας θεοὺς, πατέρα. μὲν χαλεῖ τὸν ἐπ τον, ποιητὴν δὲ τὸν δεύτερον, ποίημα δὲ τὸν τρίτον. ὁ γὰρ κόσμος χατ᾽ αὐτὸν ὁ τρίτος ἐστὶ θεὸς, ὥστε ὁ HAT αὐτὸν

ὦ διττὸς, ὅ τε se τος καὶ ὁ δεύτερος θεὸς, τὸ δὲ δημκουργούμενον ve

ὁ τρίτ . ἄμεινον γὰρ το ο λέγειν (suppl. ñ) ὡς ἐχεῖνο (leg. ἐκεῖνος) φησὶ

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pari πάππον, ἔκγονον, ἄπο eve. Euseb. Præp. εν. XI, 22: Καὶ γὰρ εἰ ὁ μὲν δημιουργὸς θεός ἐστι γενέσεως ἀρχὴ. τὸ ἀγαθὸν οὐσίας ἐστὶν ἀρχή. € = ᾿ 4 ‘ \ x ΄ ι 1 4 1 ἢ — 18 : ὁ μὲν οὖν πρῶτος περὶ τὰ νοητὰ ὁ δὲ δεύτερος περὶ τὰ νοητὰ . . LA \ ᾿ me 4 χαὶ αἰσθητά. Procl. ir Tim., p. 93 : Ὁ γὰρ χύσμος κατ᾽ αὐτὸν ὁ τρίτος , ἢ ’ ἐστι θεῦς.

2 « ε - " ε “6 Ὁ ἂμ ι 3 Euseb. Præp. ev., XI, 28 : Ο θεὸς ὁ τ MH ἐν ἑαυτῷ by, ἐστὶν εἶ , € " ΄ ἁπλοῦς διὰ τὸ ἑαυτῷ συγγινόμι ιενος δι᾽ ὅλου μιήπ' ἶναι διαιρετός" ὁ θεὸς ϑέντοι ὁ δεύτερος καὶ τρίτος ἐστὶν εἷς, συμιφερόμιενος "δὲ τῇ ὕλῃ δυάδι οὔσῃ ἑνοῖ μὲν αὐτὴν, nr δὲ ὑπ᾽ αὐτῆς, ἐπιθυμιητιχὸν εἶδος ἐχούσης καὶ ῥεούσης.

LIVRE I, CHAPITRE IIL. 343 de la matiere, le désir s'empare de lui, et il s'oublie pour s’occuper d'elle. C'est alors que descendant de la contemplation à l’action, et de l’intelligible au sensible τ, il devient l’âme du monde et le monde même, et donne ainsi naissance à toutes choses. Revient-il, au contraire, des choses sensibles à luimême, elles cessent d'exister. — Il regarde vers la matière, et de ce regard naissent et vivent tous les êtres, il ramène sa vue sur lui-même, et ils s’éteignent , et l'intelligence seule subsiste, dans la vie bienheureuse de la contemplation ?.

Ainsi, dans la pensée de Numénius, comme dans celle d’Apollonius de Tyane, comme dans celle des Stoïiciens, c'est toujours un même principe, un même Dieu qui est et l’auteur du monde et le monde même. Seulement, tandis que les Stoïciens et Apollonius encore représentent comme des mouvements matériels le passage de la condition de Dieu à celle de la nature, et de la condition de la nature à celle de Dieu, c’est à des déterminations d’un

1 Jd. ibid., Τῷ οὖν μὴ εἶναι πρὸς τῷ νοητῷ (ἦν γὰρ ἂν πρὸς ἑαυτῷ) διὰ τὸ τὴν ὕλην βλέπειν, ταύτης ἐπιμιελούμιενος, ἀπερίοπτος ἑαυτοῦ γίνεται, καὶ ἅπτεται τοῦ αἰσθητοῦ χαὶ Dép, ἀνάγει τε ἔτι εἰς τὸ ἴδιον ἦθος, ἀπορεξόμενος τῆς ὕλης. Βλέπει τε ἀντὶ τοῦ οὐρανοῦ εἰς τὸν ἄνα θεὸν. προσαγόμενον αὐτοῦ τὰ ὄμματα, λαμδάνει τε τὸ μὲν χριτικὸν ἀπὸ τῆς θεωρίας, τὸ δὲ ὁρμιητικὸν ἀπὸ τῆς ἐφέσεως.

3 14. ibid.: Βλέποντος μὲν οὖν χαὶ ἐπεστραμμιένου πρὸς ἡμῶν ἕκαστον τοῦ θεοῦ, συμιθαίνει ζῇν τε χαὶ βιώσχεσθαι τότε τὰ σώματα, χηδεύοντα τοῦ θεοῦ τοῖς ἀκροθολισμοῖς, μεταστρέφοντος δὲ εἰς τὴν ἑαυτοῦ περιωπὴν τοῦ θεοῦ, ταῦτα μὲν ἀποσθέννυσθαι,, τὸν δὲ νοῦν ζῇν βίου ἐπαυρούμιενον εὐδαίμιονος.

ordre plus élevé, à des déterminations intellectuelles, que Numénius en rapporte la cause. Ici donc, comme dans la philosophie d’Aristote, c’est de la Pensée que dépend la Nature. En second lieu, au lieu de s'arrêter à l’âme du monde, qui en est aussi la cause immédiate, Numénius cherche plus haut encore, avec tous les Platoniciens, un premier principe, un et immobile, exempt de toute division et de tont changement ". Mais, comme Alcinoûs, il en fait encore une intelligence ?; et comme Platon lui-même, comme tous les Platoniciens, il ne comprend pas d'intelligence sans mouvement. En sorte que, selon lui, l'éternel repos du premier principe n’est toujours qu’un mouvement éternel 9,

C'est donc encore en vain que Numénius a prétendu remonter à un premier Dieu absolument simple, tel que le cherchait Platon. De ses trois principes, le second est, de son propre aveu, identique avec le troisième, et le premier vient aussi,

1 Id. ibid, Τὸν μιὲν πρῶτον θεὸν ἀργὸν εἶναι ἔργων. — ὁ μὲν πρῶτος θεός ἔσται ἑστώς.

2 Id. ibid., ὁ μὲν οὖν πρῶτος περὶ τὰ νοητά. Il appelait ses trois dieux νοῦς, εἴδη, ζῶον, d’après ce passage de Platon : ὁ νοῦς ἐνούσας ἰδέας τῷ ὁ ζῶόν ἐστι... καθορᾷ. Procl. ir Tim., p. 268. Cette interprétation fut aussi celle d’Amélius , qui suivit généralement la doctrine de Numénius (Procl. ἐπ Tim., p. 226).

5 Euseb. Præp. ev., XI, 18 : ἀντὶ τῆς προσούσης τῷ δευτέρῳ κινήσεως τὴν πρύσουσαν τῷ πρώτῳ στάσιν φήμι εἶναι χίνησιν GÜL.PUTEY, ἀφ᾽ ἧς M τε

4 4 Es LES ᾿ τᾶζις τοῦ ὅλου, X. T. À.

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