‹ Essai sur la Métaphysique d'AristoteChapitre 127 sur 228 · LIVRE I, CHAPITRE ΠΙ · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE ΠΙ

quels Dieu descend de sa hauteur inaccessible vers le monde; deux principes secondaires, le premier immédiatement issu de Dieu, le second issu du premier, mais l’un et l’autre de même nature, de même substance que Dieu, et formant avec lui une glorieuse Trinité. Le Verbe est ce que l'antique théologie hébraïque appelait déjà l'habitation de Dieu ; il est son vêtement ?, il est son image* ou son ombre 4: il est la forme de Dieu et le caractère de son essence ? ; il est le Fils, le premier-né de Dieu ou du Pere 6, et il est Dieu lui-même7 : expressions tirées, pour la plupart, de sources plus anciennes, et qui toutes se retrouveront dans la théologie chrétienne et le nouveau Platonisme. Enfin, dans les puissances 8, dans les anges dont le Verbe est l’ensemble ou plutôt l'unité”, Philon reconnait les types des idées platoniciennes 1. La totalité des

‘ Philo, de Migr. Abrah., ed. Mangey, t. I, p. 437 : Καὶ γὰρ τὸν τῶν ὅλων νοῦν τὸν θεὸν οἶχον ἔχειν φησὶ τὸν ἑαυτοῦ λόγον.

? Id. de Profug.,t. I, p. 562.

5. 14, de Monarch., 11, 5 : Λόγος δέ ἐστιν εἰκὼν θεοῦ. De Confus. ling., 28. De Mundi opif. 1. I, p. 7.

4 Id. Leg. alleg., III, 31 : Σχία θεοῦ δὲ ὁ λόγος αὐτοῦ ἐστίν.

# Fragm.,t. IL, p. 625.

6 Id. de Conf. ling.,t.1, p. 414 : Τοῦτον μὲν γὰρ πρεσθύτατον υἱὸν ὁ . τῶν ὄντων ἀνέτειλε πατὴρ, ὃν ἑτέρωθι πρωτόγονον ὠνόμασε.

7 Id. Leg. alleg., 111. t. I, p. 128.

8. Auvamers. Voy, Gfroerer, Xrit. Gesch. des Urchrist., 1, 143-168.

9 Id. de Cherub., 9; de Prof., 19.

V0 Id, de Sacrific., τ. II, p. 261; Ῥαῖς ἀσωμάτοις δυνάμεσιν, ὧν ἔτυμον ὄνομα αἱ ἰδέσι.

puissances que réunit le Verbe, c’est, selon lui, le monde intelligible de Platon’. Pour le souffle saint ou le Saint-Esprit, c'est la puissance inférieure par laquelle Dieu entre en rapport intime avec le monde sensible ?; et, comme l’auteur du livre de la Sagesse, Philon emploie ici les expressions stoïciennes. L'auteur du livre de la Sagesse avait représenté la sagesse divine tendue comme une chaîne d’un bout à l’autre du monde; suivant Philon, c’est par le Saint-Esprit que Dieu tend ses puissances à travers la matière 5. Il parle comme les Stoïciens de la tension de PEsprit 4 : en un mot, il voit dans le Saint-Esprit l'âme du monde ὅ, et, par conséquent, en un sens, le monde même, comme faisaient aussi les Stoiciens.

Enfin, plein de la substance divine, le Verbe, à son tour, par l'intermédiaire de l'Esprit, en remplit toutes choses6. C’est comme une eau abondante qui

1 Id. de Mundi opif., t. X, p. 5.

? Ibid. p. 6.

5 Id. de Conf. ling.,t. 1, p. 425 : Τὰς δυνάμεις αὐτοῦ διὰ γῆς καὶ ὕδατος ἀέρος τε καὶ οὐρανοῦ τείνας. De Nomin. mutat., t. 1,p. 582 : Τῶν δὲ δυνάμέεων, ἃς ἔτεινεν εἰς γένεσιν.

# Id. De Mund. incorr.,t. 11,0. 511 : Πνευμιατιχὸς τόνος,

5 Id. Leg. alleg., 1. 1,t. I, p. 62 : H γὰρ τῶν ὅλων ψυχὴ θεός ἐστι κατὰ ἐννοιαν.

ὁ Id. Quis rer. div. hær.,t 1, p. 499 : ΝΜονὰς δὲ ..... εἰκὼν οὖσα τοῦ μόνου πλήρους θεοῦ" χαῦνο, γὰρ τά τε ἄλλα ἐξ ἑαυτῶν’ εἰ δέ που καὶ πυχνωθὲν εἴη, λόγῳ σφίγγεται θείῳ“ χόλλα γάρ ἐστι mat δεσμὸς οὗτος, τὰ πάντα τῆς οὐσίας ἐχπεπληρωχώς" ὁ δ᾽ εἴρας χαὶ συνυφήνας ἕχαστα, πλήρης οὐτὸς ἑαυτοῦ χυρίως ἐστὶν, οὐ δεηθεὶς ἑτέρου τὸ παράπαν. — Chaque principe est ainsi, selon l'expression gnostique , employée aussi par les Néoplatoniciens , le plérôme,

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