LIVRE I, CHAPITRE III
se distribue partout τ; c’est plutôt encore comme une sève active qui, circulant dans le monde ainsi qu’en un grand arbre, s'y métamorphose successivement en toutes ses parties ?, — L'âme humaine, d'abord, est une émanation immédiate de l'Esprit; elle est à l'Esprit ce que l'Esprit est au Verbe, et ce que le Verbe est à Dieu : un prolongement, une extension, un rayonnement ἡ. Or, de la partie supérieure de l’âme, qui est proprement l’âme humaine, proviennent semblablement les parties inférieures. Comme les Stoiciens , Philon ne voit dans les puissances inférieures de notre âme, par conséquent aussi dans les âmes des êtres inférieurs à nous, que des émanations ou des prolongements de la raison 4.
πληρῶμα,, du principe précédent, — Sur les idées du plein et du vide dans la théologie hébraïque et la Cabbale, voy. le premier chapitre du livre suivant.
1 Id. de Somn., t. I, p. 691: Πλήρη τοῦ σοφίας vauwaros τὸν θεῖον ᾽ ᾽ | ï
λόγον διασυνίστησι (sc. ὁ Μωσῆς), ψιηδὲν ἕρημον καὶ κενὸν ἑαυτοῦ μέρος ἔχοντα.
514, de Plant. Noe, 1. I, p. 330.
5. Id. de Special. leg., t. 11, 356: To δ᾽ ἐμιφυσώμιενον ( sc. ἡ ψυχὴ) δῆλον ὡς αἰθέριον ἦν πνεῦμα., χαὶ εἰ δή τι αἰθερίου πνεύματος κρεῖττον, ἅτε τῆς μαχαρίας χαὶ τρισμακαρίας φύσεως ἀπαύγασμα, Leg. alleg., IT, t.I,p. 119 : Ἡ δὲ ψυχὴ αἰθέριός ἐστιν, ἀπόσπασμψια, θεῖον. Quod ἀεί. pot. insid. sol,,t. I, p. 208 : ἀπόσπασμα οὐ διαιρετόν. Τέμνεται γὰρ οὐδὲν τοῦ θείου κατ᾽ ἀπάρτησιν, ἀλλὰ μιόγον ἐκτείνεται,
4 Id. de Migr. Abrah.,t. 1,p. 437: ὁ νοῦς, σπείρων εἰς ἕκαστον τῶν μέρων τὰς ἑαυτοῦ δυνάμεις, De Nomin, mutat.,t. 1, p. 582 : Τὼν δὲ δυνάμεων, ἃς ἔτεινεν εἰς γένεσιν... Leg. alleg., ἴ. I, p. 50 : Τείνοντος τοῦ θεοῦ τὴν ἀφ᾽ ἑαυτοῦ δύναμιν διὰ τοῦ μέσου πνεύματος ἄχρι τοῦ ὑποχειμιένου,
Enfin le corps lui-même n’est ce qu'il est que par des forces qui descendent de l'âme, et qui en sont encore le rayonnement’. Habitation et vêtement de l'âme, comme celle-ci l’est de l'Esprit, l'Esprit du Verbe, et le Verbe de Dieu, il n’en est également qu'une extension et une transformation.
Le monde n’est donc pas une œuvre contingente de la volonté de Dieu : l'existence du monde, tel qu'il est, résulte nécessairement de la nature divine; il en résulte aussi nécessairement que du soleil provient la chaleur, de la neige le froid, et que l'ombre suit le corps? : idées et images empruntées peutêtre au Stoicisme, et que le Platonisme allait bientôt s'approprier.
Ainsi, lentement développée à travers une longue suite de siècles, soumise à l’influence de la religion chaldéenne, ensuite à celle des doctrines grecques, et particulièrement du Stoicisme, la théologie juive aboutit ici à un système de trois principes divins inégaux, descendant par degrés du Dieu inconnu et caché jusqu’au monde. Et c’est le même système, le même, du moins, dans ces traits généraux, auquel venait se terminer, et vers le même temps, la philosophie grecque.
1 Id. de Profug., t. II, p. 5735.
? Id. Leg. alleg., 1, 3,1. 1, p. 44 : Παύεται οὐδέποτε ποιῶν ὁ θεὸς, ἀλλ᾽ ὥσπερ ἴδιον τὸ καίειν πυρὸς καὶ χιόνος τὸ ψύχειν, οὕτω καὶ θεοῦ τὸ ποιεῖν,