LIVRE I, CHAPITRE III
le dernier et le plus bas degré de la matière”. Comment donc accorder avec une semblable idée celle de la sainteté, c’est-à-dire de la pureté sans mélange de la nature divine? C’est de ce contraste étrange, bien plus fort ici qu'il ne pouvait être dans la religion et la philosophie grecques, que jaillit la solution nouvelle (du moins en apparence), cherchée en vain jusqu'alors ou à peine entrevue par les Platoniciens.
Dans le livre de la Sagesse, où la sagesse divine est déjà représentée comme un souffle, un esprit tendu dans les choses, il est dit : « Elle peut tout, quoique unique, et elle renouvelle tout, en demeurant en elle-même ?. » L'idée à peine indiquée ici, Philon la développe.
On lit dans l’Exode qu'après avoir communiqué son esprit à Moïse, Dieu en reprit pour en donner à soixante-dix vieillards qui devaient servir d’assesseurs à celui-ci. « Gardons-nous de croire, dit Philon, que prendre signifie ici retrancher et séparer ; c'est ainsi que le feu, après avoir allumé des milliers de flambeaux, demeure tel qu'il était, et sans être en rien diminué. Telle est, en effet, la nature de la science. Pour avoir rendu habiles tel nombre que ce soit de disciples, elle n'est pas diminuée le moins du monde. Si l'esprit propre de Moïse ou de toute
1 Id. de Mundi opif., 24; Quod Deus immut., 17. 3 Lib. sap., VIX, 27 : Μία δὲ οὖσα πάντα δύναται, καὶ μένουσα ἐν αὑτῇ à πᾶντα χαινίζει, CF, Psalm. ΟἸΠ, 31,
autre créature devait être distribué entre tant de monde, assurément, divisé en un si grand nombre de parties, il se trouverait diminué, Mais l'esprit dont il est dit ici qu'il reposait sur Moïse, c'est l'Esprit sage, divin, insécable, indivisible, l'esprit de science qui remplit toutes choses, qui sert à autrui sans en recevoir aucun préjudice, qui se communique sans être en rien diminué dans son intelligence, sa science et sa sagesse *. »
Dieu ne passe donc pas tout entier dans les choses, comme l'avaient d’abord dit les Stoiciens; il ne leur donne pas non plus, à proprement parler, une partie de lui-même ; il se donne, il se communique, et pourtant il reste en Iui-même dans son intégrité première. Rien ne vient de Dieu par séparation, mais par une sorte d'extension qui ne lui enlève rien. Notre àme est quelque chose qui vient de l’äme divine et n'en est pas retranché?. Ainsi s'explique le rapport de l’âme divine ou de l'Esprit saint au Verbe, et du Verbe au Père.
Sur la même conception, appuyée des mêmes
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δας ἐξάψῃ, μένει μιηδοτιοῦν ἐλαττωθὲν ἐν ὁμοίῳ, Τοιαύτη τις ἐστὶ καὶ τῆς ἃ Be. ε , γι δὲ ἢ Ἐ 4.5. ENT CRE) x 4 5. ἐπιστήμιης ἡ φύσις...... Νῦν δὲ τὸ ἐπ᾿ αὐτῷ πνεῦμά ἐστι τὸ σοφὸν, τὸ θεῖον, τὸ ἄτμητον, τὸ ἀδιαίρετον, τὸ ἀστεῖον, τὸ πάντῃ δι᾽ ὅλων ἐχπεπληρωμιένον, ὅπερ ὠφελοῦν οὐ βλάπτεται μεταδοθὲν ἑτέρῳ, οὐδ᾽ αὖ προτεθὲν ἐλαττοῦται τὴν σύνεσιν καὶ ἐπιστήμην καὶ σοφίαν,
2 Alec :
Id. Quod det, pot, insid. sol.,t. 1, p. 208: Τῆς θείας καὶ εὐδαίμονος Re ae 2 ψυχῆς ἐκείνης ἀπόσπασμα... οὐ διαίρετον. Τέμγεται γὰρ οὐδὲν τοῦ θείου χατ᾽