‹ Essai sur la Métaphysique d'AristoteChapitre 133 sur 228 · LIVRE I, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE III

sées en apparence, s’accordaient dans le fond ', du moins les plus célebres et les plus respectées, celles des Platoniciens et des Péripatéticiens. Mais d’autres avaient tenté avant lui la même entreprise : il l’accomplit le premier. Le premier il réussit à établir un système où les principales doctrines des écoles. grecques, unies et subordonnées à celle de Platon, formaient avec elle une seule et même philosophie; système qui éclipsa peu à peu tous les autres, et qui subsista identique dans ses principes fondamentaux Jusque vers les derniers temps de la civilisation ancienne, où l’Aristotélisme devait définitivement triompher.

Or, ce système, c’est encore sur une seule idée qu'il s'organise et se développe tout entier, comme autrefois le Stoicisme, l’Aristotélisme, le Platonisme lui-même; et cette idée est celle que vient de suggérer à Numénius la théologie philosophique des juifs grecs d'Alexandrie.

Ammonius Saccas n'écrivit rien. Mais, indépendamment des ouvrages du plus illustre de ses disciples, Plotin, qui, de son propre aveu, resta fidele aux doctrines de son maitre, un fragment précieux nous ἃ été conservé sous le nom d’Ammonius lui-

1 Hierocl. ap. Phot. cod. 25r : Τὰς τῶν πολλῶν δόξας ὑπεριδὼν τὰς ι

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même, débris peut-être de ces leçons qu'Hérennius et Origène avaient recueillies, et qu'après s'être engagés à ne les point faire connaître, ils avaient pourtant publiées . Ce fragment renferme une théorie de l'union dè l’äme avec le corps, et cette théorie est celle même qu’on vient de voir ébauchée par Philon et par Numénius.

Suivant l'erreur vulgaire, admise, comme on la vu, par Atticus, et qu'autorisaient en effet les commentaires d'Alexandre d’Aphrodisiade, Aristote avait fait l'âme tout entière dépendante et inséparable du corps; d'un autre côté, maintenant l’indépendance et l'immortalité de l’âme, Platon avait défini l’homme, et généralement l'animal, comme l’avaient déjà fait les Pythagoriciens : une âme qui se sert d’un corps. Il avait représenté ainsi l'union de l’âme et du corps comme accidentelle et extérieure. C'est après avoir rapporté ces deux théories extrêmes et contraires que le philosophe chrétien Némésius en expose une troisième, qui lui semble les concilier, et qui est, dit-il, celle d'Ammonius?. Une seule proposition résume cette théorie : l'intel-

Porphyr.-Pit. Plot., ©, 2.

2? Nemes. de Nat. hom., c. 3, ed. Chr. Fr. Matthæi, Hal. Magd. 1802, in-8°, p. 129: ἀμμώνιος δὲ ὁ διδάσχαλος Πλωτίνου τὸ ζητούμενον τοῦτον τὸν τρόπον ἐπελύετο, elc. L’extrait d’Ammonius paraît finir p. 137 aux mots : ἁρμόσειε δ᾽ ἂν οὗτος ὁ λόγος, ete., où Némésius fait l'application de cette théorie à l’union de la nature divine et de la nature humaine dans la personne du Christ.

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