LIVRE I, CHAPITRE III
ligible , l’incorporel est de telle nature qu'il sunit à ce qui peut le recevoir aussi intimement que s'unissent les choses qui s’altèrent et se détruisent mutuellement en s’unissant , et qu'en même temps, dans cette union, il demeure tout entier ce qu'il était, comme demeurent les choses qui ne sont que juxtaposées.
D'un côté, l'être animé est un tout sympathique à lui-même et par conséquent véritablement un ; âme y est donc intimement unie avec le corps : démonstration qu'Ammonius emprunte au Stoicisme. D'un autre côté, l’âme ἃ le pouvoir de se séparer du corps pour se retirer en elle-même, soit dans le sommeil, où elle acquiert ainsi la connaissance de l’avenir, soit quand elle s'applique à la considération de quelque objet purement intelligible .—L'ame est donc unie au corps aussi étroitement que sont unies les choses qui, en se combinant ensemble, périssent l’une par l’autre et donnent ainsi naissance à un mixte; et en même temps elle demeure distincte du corps, intacte et sans altération, comme demeurent deux choses qui ne sont que placées l’une à côté de l’autre. C'est que les choses qui se confondent en un mixte en changeant de qualités, sont des corps. Mais pour l’incorporel
1 Nemes. loc. cit., p. 129 : ἔλεγε γὰρ τὰ νοητὰ τοιαύτην ἔχειν φύφιν, ὡς γαὶ ἑνοῦσθαι τοῖς δυναμένοις αὐτὰ δέξασθοι, καθάπερ τὰ συνεφθορμιέναι, ναὶ
s’altérer serait périr. L’àme n’est que vie. Qu'en resterait-il donc si elle changeait : ? Ainsi elle modifie selon sa vie propre ce à quoi elle est unie, et elle n’en est pas modifiée ?. Tel le soleil rend tout l'air lumineux sans changer en rien lui-même , et de la sorte s’y mêle pour ainsi dire sans s’y mêler. Encore y a-t-il cette différence que le soleil étant un corps, et par conséquent circonscrit dans un lieu, il n’est pas partout où est sa lumière; mais l'âme incorporelle , ne souffrant pas de circonscription locale, il n'est pas de partie du corps illuminé par elle , dans laquelle elle ne soit tout entière 5.
C'est qu'en effet l’âme n'est pas dans le corps comme dans un vaisseau qui la renfermerait : ce qui est incorporel ne saurait être ainsi emprisonné dans un lieu. L’âme est dans le corps, non pas d'une manière corporelle et locale, mais en ce sens que, portée d’inclination vers lui (selon la pensée déjà exprimée par Numénius ), elle lui est attachée par son penchant et sa disposition, comme un amant est attaché à celle qu'il aime.
1. Id, ibid., p. 130 : Καὶ ἡ ψυχὴ, ζωὴ οὖσα, εἰ ἐν τῇ χράσει μετεδάλλετο, ἠλλοιώθη ἂν χαὶ οὐκέτι ἦν ζωή" τί δὲ συνεθάλλετο τῷ σώματι, εἰ μιὴ παρεῖχεν ΕἸ - \ # αὐτῷ τὴν ζωήν ; 5. Id. ibid., p. 133 : Τρέπουσα ἐκεῖνα κατὰ τὴν ἑαυτῆς ζωὴν, καὶ μὴ τρε- ΄ 4 € 1: ‘ TouÉvn ὑπ᾽ ἐχείνων.
ὅ Τα, ibid., p. 134: ἡ δὲ ψυχὴ, ἀσώματος οὖσα χαὶ μὴ περιγραφομένη ’ el < - - \ € - - ’ ι L τόπῳ, ὅλη δι᾽ ὅλου XOPE χαὶ τοῦ φωτὸς ἑαυτῆς χαὶ τοῦ σώματος, HAL OÙX ἔστι μέρος φωτιζόμενον ὕπ᾽ αὐτῆς ἐν © μὴ ὅλη πάρεστι.