‹ Essai sur la Métaphysique d'AristoteChapitre 135 sur 228 · LIVRE I, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE III

L'âme n’est donc dans le corps que par le rapport habituel dans lequel elle se trouve avec lui, que par son assistance, et comme Dieu est en nous ! : à proprement parler elle n’est en aucun lieu; le lieu où elle est, c’est seulement le lieu où elle agit ?. Bien plus; ce n'est pas le corps qui commande à l’âme, mais l'âme au corps. C’est l'âme qui contient ainsi dans sa sphère d'action les organes corporels. Ce n’est donc pas tant l’âme qui est dans le corps, que le corps qui est dans l'âme. L’intelligible n’a point de lieu que lui-même, ou qu'un intelligible placé encore plus haut. L'âme est en elle-même quand elle raisonne, et, quand elle contemple, dans l'intelligence pure 3.

Cette théorie, il est facile de le voir, c’est celle de Philon et de Numénius sur la communication des dons divins, fondée maintenant sur l’idée même de la nature incorporelle. — Déjà Philon et Numénius avaient dit que la nature divine avait ce privilége de se communiquer sans rien perdre, parce qu'elle

1 Id. ibid., p. 135: ἐπὰν οὖν ἐν σώματι λέγηται εἶναι, οὐχ᾽ ὡς ἐν τόπῳ τῷ σώματι λέγεται εἶναι, ἀλλ᾽ ὡς ἐν σχέσει χαὶ τῷ παρεῖναι, ὡς λέγεται ὁ Θεὸς ἐν ἡμῖν. Καὶ γὰρ τὴ σχέσει καὶ τῇ πρός τι ῥοπῇ χαὶ ER δεδέσθαι φαμὲν ὑπὸ τοῦ σώματος τὴν ψυχὴν . ὡς λέγομεν ὑπὸ τῆς ἐρωμένης δεδέσθαι τὸν ἐραστὴν, οὐ σωματικῶς, οὐδὲ τοπικῶς, ἀλλὰ χατὰ σχέσιν.

5. 14. ibid., p. 137 : Δέον γὰρ λέγειν, ἐκεῖ ἐνεργεῖ, λέγομιεν, ἐκεῖ ἐστιν.

5. Id. ibid., p. 135 : Οὐδὲ ἐν τῷ σώματι ἐστὶν ὡς ἐν ἀγγείῳ ἢ ἀσχῷ,, ἀλλὰ δῖον τὸ σῶμα ἐν αὐτῇ. — Νοητὰ γὰρ οὐ ἐν νοητοῖς χαὶ τόποις ἐστὶν" À 12 ἐν ἑαυτοῖς ἢ ἐν τοῖς ὑπερκχειμιένοις νοητοῖς . ὡς ἡ ψυχὴ, ποτὲ μὲν ἐν ἑαυτῇ ἐστὶν, ὅταν λογίζηται, ποτὲ δὲ, ὁ ἐν τῷ νῷ, k αν νοῇ. * κ

était partout et remplissait toute chose. Ce qu’ajoute Ammonius Saccas, c’est que c’est une suite nécessaire de la propriété même dans laquelle Platon et Aristote avaient également fait consister l’essence des intelligibles, savoir, l’incorporéité. L'incorporel étant sans étendue et sans parties, aucun lieu ne le circonscrit et ne le limite : rien ne l’arrête ; il pénètre donc dans toute la profondeur, dans toutes les dimensions du corps; il y est partout, et partout entier; donc en se donnant au corps, il reste tout entier ce qu'il était; il descend dans le corps et il reste tout en lui-même. De la sorte, dit Némésius, sans doute encore d'après Ammonius Saccas, et daas les mêmes termes dont Numénius s'était servi, la nature la plus divine sert à la nature inférieure sans en recevoir ellemême le moindre préjudice !. L'incorporel pénètre partout sans obstacle, tandis que rien ne pénètre en lui?; il s’unit, et pourtant ne se méle et ne se confond pas ὅ.

Par cette théorie, d’abord, la doctrine stoicienne se concilie avec ce qu’on peut appeler limmatéria-

‘ Id. ibid. p. 143 : Μηδὲν παραδλαπτομιένης τῆς θειοτέρας Ex τῆς ὑποδεεστέρας, ἀλλὰ ταύτης μιόνον ὠφελουμιένης ἐκ τῆς θειοτέρας.

3 Τὰ. ibid. : ἐπείπερ ἡ καθαρῶς ἀσώματος φύσις χωρεῖ μὲν ἀκωλύτως διὰ πάντων, δι᾿ αὐτῆς δὲ οὐδέν. Ce passage semble imité de ce verset du livre de la Sagesse : ... χωρεῖ δὲ διὰ πάντων διὰ τὴν χαθαρότητα,

# χὰ, ibid, ὥστε τῷ μὲν χωρεῖν αὐτὴν διὰ πάντων ἡνῶσθαι" τῷ δὲ μηδὲν δι αὐτῆς, μένειν ἄμιχτον καὶ ἀσύγχυτον,

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