πῆ. NE, v
c'est à se mieux connaître et se mieux voir.
Dans la sensation, la connaissance est déjà supérieure. C’est que l'identité entre ce qui connaît et ce qui est connu y est déja plus complete?. La sensation ne consiste pas, selon l'opinion vulgaire, accréditée par le Stoicisme, dans un choc, ou une impression, ou une image qui nous viennent du dehorsÿ. S'il en était ainsi, l’âme y serait entièrement passive. Or la passion affaiblit, l’action seule fortifie; et, loin de s'affaiblir par l'usage, les sens n'en deviennent que plus capables de sentir. Il en est de même de la mémoire 4. — C’est qu’en effet sentir n'est point recevoir en soi des images des choses, ainsi qu'on se le persuade faussement, trompé par des similitudes tirées de ce qui se passe dans les corps. L’âme n’est pas une tablette où viennent se graver des figures; elle est sans étendue, rien de pareil ne peut s’y passer. Sentir n’est pas recevoir en soi les choses comme en un dépôt, c’est les posséder d’une certaine manière qui est précisément lintuition, c'està-dire devenir en acte ces formes qu’on n'était qu'en puissance. Raison séminale qui renferme
Ÿ Enn. III, vit, 6.
? tb, ce 7, 8.
5 Enn, IV, vi, 2: Τὸν μὲν τύπον εἶναι ἐν τῷ ἀέρι, πληγήν τινα οὖσαν δυηρθρωμένην,, etc. Α ces expressions on reconnait que Plotin fait allusion aux Stoiciens. Voy. plus haut, p. 130.
4 Enn. IN, vi, 5.