‹ Essai sur la Métaphysique d'AristoteChapitre 149 sur 228 · AUDI · texte numérisé non relu

AUDI

en se donnant au corps, n'en demeure pas moins en soi tout entiéref. Les harmonies que forment les voix sont l’image d'autres harmonies que l'âme a en elle; seulement, en les entendant au dehors, la beauté lui en devient plus sensible”. Or, la forme incorporelle est bien plus dans l’àäme ce qu’elle est, qu'associée dans le corps avec la matière. Aussi la beauté des vertus efface-t-elle, pour qui sait la voir, celle que tous les corps peuvent offrir aux sens. La face de la justice est plus belle que l'étoile du soir ?. Enfin, les vertus elles-mêmes, en quoi consistent-elles, sinon dans la domination de l'intelligence sur les parties inférieures de l’äme ? La laideur pour l’âme est de se meitre dans l’esclavage des sens; la beauté, de s’en affranchir; et c'est en quoi consiste la vertu. D’où on l’a justement appelée une purification {. Les corps tirent de l'âme toute leur beauté; l’âme emprunte à l’intelligence toute la sienne. C'est que toute forme vient de l'intelligence, et n’est, au fond, que l'intelligence même ὃ.

Mais les belles choses ne se font pas seulement reconnaitre pour belles; elles produisent en ceux

1 Ibid, 7 : Χορηγεῖ μὲν ἅπασιν, ἐφ᾽ ἑαυτοῦ δὲ μιένον δίδωσι.

5. Ibid. 3 : Αἱ δὲ ἁρμονίαι ἐν ταῖς φωναῖς αἱ ἀφανεῖς τὰς φονερὰς ποιήσασαι, χαὶ ταύτῃ τὴν ψυχὴν σύνεσιν χαλοῦ λαθεῖν ἐποίησαν, ἐν ἄλλῳ τὸ οὐτὸ δείξασαι,

5 Enn. VI, να; 6.

NEnT.L, νι, 855).

ὅ᾽ Ibid. 9.

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