LIVRE I, CHAPITRE I
pouvait trouver le caractère d’une cause de mouvement , caractere essentiel de l'âme '. Aristoxène, musicien consommé, essaya, dit Cicéron ?, de transporter à la philosophie les principes de la musique. Il comparait littéralement le corps humain à un instrument, où la diversité des sons résulte de la tension inégale des différentes cordes ; le rapport de ces sons est l'harmonie; de même , à ce qu'il semble, d'apres les termes qu'emploie Cicéron , Aristoxène pensait que de la tension des éléments dont le corps est composé, 11 résulte des mouvements, des fonctions dont l’harmonie est ce que l'on appelle l'âme ὁ. 11 ne voyait donc plus dans l’âme, coume avait fait son maître, l'acte simple par lequel se réalise la vie, acte inséparable du corps, mais pourtant incorporel en soi, et la cause immobile des mouvements du corps : il y voyait le rapport des différentes tensions des éléments de l'orgauisation, rapport qui, par conséquent, n'en saurait être réellement et substantiellement distingué. On verra comment les Stoicienstirent de l’âme, non plus la tension ou le rapport des tensions diverses du corps même, mais un principe spécial,
WDe An, 4:
ΡΟ πον ON; τὸ.
5 Tuscul. 1, 10, 18 : Ipsius corporis intentionem quamdam, velut in cantu et fidibus quæ harmonia dicitur, sic ex corporis touus natura et figura varios motus fieri, tanquam in cantu sonos.
léther, tendu dans le corps, et dont l'essence consiste dans la tension.
Dicéarque alla plus lon qu Aristoxene dans la : même voie, ou du moins il osa exprimer avec plus de force et de précision les conséquences de la méme doctrine". Il soutint que l'âme n’était rien, c'est-à-dire qu’elle n’était qu'un corps disposé d’une certaine manière. Reconnaïitre dans les hommes et dans les animaux un principe distinct, auquel on donnait le nom d'âme, c'était, disait-it, prendre pour une réalité un mot vide de sens. Ce par quoi. nous agissons et nous sentons n’était autre chose qu'une propriété répandue dans tous les étres vivants, sans exception, dans les plantes aussi bien que dans les animaux et les hommes; et ce qu'on appelle âme, dans ces deux dernières classes des êtres , n'était rien qu'un corps un et simple, fait de telle sorte que, par la constitution de sa nature, il agit et il sent?. Par ce corps simple, il est pro-
! Cependant Cicéron dit aussi d’Aristoxène qu’il nia l’existence de l’âäme. Tuscul, 1, 18 : Dicæarchus quidem et Aristoxenus .. nullum omnino animum esse dixeruut. — Mais ailleurs (ibid. 1r,) il le distingue à cet égard de Dicéarque.
? Ibid. Nihil esse omnino animum, et hoc esse nomen totum inane, frustraque animalia et animantes appellari ; neque in homine inesse animum nec in bestia; vimque omnem eam qua vel agamus quid vel sentiamus in omnibus corporibus vivis æquabiliter esse fusam, nec separabilem a corpore esse, quippe quæ nulla sit, nec sit quidquam nisi corpus uaum et simplex ita figuratum ut temperatione naturæ vigeat et sentiat. Sext. Empir. Pyrrh. hypotyp. H, 31: Οἱ μὲν un εἶναι τὴν ψυχὴν ἔφασαν, ὡς οἱ πεοὶ Μεσσήνιον