LIVRE I, CHAPITRE TILL
tige, alors même que les traits ne sont encore aucunement altérés? Pourquoi, entre plusieurs statues, les plus vivantes paraissent-elles plus belles que d’autres mieux proportionnées, et pourquoi un animal vivant est-il plus beau qu’un animal en peinture, celui-ci füt-il d’ailleurs d’une forme plus parfaite ? N'est-ce pas que celui-là est plus désirable? et cela parce qu'il ἃ une âme, et que cette àme est, en quelque sorte, colorée et éclairée de la lumière du bien, qu’elle en est comme plus éveillée et plus légère, et, à son tour, allége, éveille et fait participer au bien, autant qu'il en est capable, le corps dans lequel elle réside”? Aïnsi la forme n'est que le vestige de ce qui n’a pas de forme; et ce principe sans forme, c’est le bien, qui produit dans la matière, lorsqu'elle s'approche de lui, la forme et la beauté ?.
Dans la doctrine d’Aristote, le bien même auquel tend tout désir est l’Intelligence, mais réduite à l'acte absolument simple de la contemplation, dont toute autre pensée n’est qu’une imparfaite image; et la beauté résulte de la participation de la matiere et de la quantité au bien de l'intelligence qui, avec
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Ὁ τα à x SR ANIME. ᾿ μορφὴν, οὐ μορφὴ τοῦτο, καὶ γεννᾷ ὅταν ὕλη προσέλθῃ.
l'acte, leur départit la forme. Plotin ne veut plus comme les Stoïciens comprendre tout bien dans la seule beauté; mais, comme eux, il ne reconnaît pas de pensée, ni d'acte, ni de forme enfin où il n'y ait toujours quelque matière, au moins intelligible, et quelque quantité. Il n’élève donc point au-dessus de la beauté l'intelligence même la plus pure; et c'est au-delà de toute pensée, de tout acte et de toute forme qu'il cherche le principe supérieur de la beauté elle-même, ou le Bien.
Maintenant, si le bien est au-dessus de toute forme, de tout acte et de toute intelligence, qu'’estil donc en lui-même? car l’idée du bien n’exprime qu’ün rapport aux choses dont il est le bien; qu’estil en son essence? Suivant Plotin comme suivant Platon, il est l’Un.
En effet, qu'est-ce que la forme confère avant tout à la matière? Selon Aristote, c’est l’acte, qui en détermine et en réalise les puissances. Selon Plotin, fidèle au principe dirigeant de toute la philosophie platonicienne, c’est quelque chose de supérieur à Pacte, savoir l’unité. C’est par l’unité que la raison séminale l'emporte sur la matiere, et l’idée pure sur la raison séminale; c’est par l’unité que l’âme l’emporte sur le corps, et l'intelligence sur l'âme. Et, enfin, qu'est-ce que cherche l'intelligence même? quel est le bien qu’elle poursuit, si ce n'est de s’identifier, de se réunir à soi ? C'est pour se retrouver,