LIVRE I, CHAPITRE III
passerait toute semblable en une autre)’, mais en se retirant du corps dans elle-même et dans ce qui est au-dessus d'elle, alors elle n’a fait qu’acquérir, avec l'expérience des choses d’ici-bas, une plus parfaite connaissance de ce que valent les choses de là haut, et, par la comparaison du mal, apprécier mieux le bien ?, alors elle retourne plus forte et meilleure vers Dieu. Ce retour est ce que Plotin appelle, d'un mot emprunté, comme celui de descente, à Héraclite, l'ascension des âmes. C’est le mouvement par lequel l'âme, refermant le cercle que sa descente ἃ ouvert, et se rejoignant à l'Ame universelle, rentre avec elle dans le sein de l’universelle Intelligence, et enfin de l'Unité.
En venant dans son corps, notre àme ne s’est pas détachée de l'âme universelle. Elle n’a pas cessé d’y habiter. Bien plus, elle ne s'est pas détachée de l’Intelligence. Si adonnée qu’elle soit au corps, si profondément plongée qu'elle puisse être dans le mal et dans le vice, quelque chose d'elle reste toujours dans la région de l’intelligible; par sa partie supérieure elle vit toujours, au sein de l'intelligence, de la vie pure de la contemplation$. Où se trouvent en effet, si ce n’est dans l'intelligence pure, ces idées du juste, du vrai, du beau, types, règles, lois immuables
sEnn.l, 1x, τὶ 2 Enn. IV, vint, 7.
5. Enn, IV, 7, 13; IV, vint, ἃ : ἔστιν ἀεὶ πρὸς ἐχείγοις. 1, xx, 1.
auxquelles nous nous référons dans tous nos jugements et tous nos raisonnements 1? Or, nous nous y référons comme à quelque chose qui est supérieur à nous, mais qui pourtant ne laisse pas d’être en nous; en sorte que l'intelligence, indépendante et séparée, n'est pas nôtre, et que pourtant elle est nôtre ?. Bien plus, il est essentiel à l'âme de se connaître. Quelque raisonnement qu’elle fasse, quelque jugement qu’elle porte, elle le sait$. Or, comment le saurait-elle, sinon en ce qui seul peut se connaitre soi-même, l'intelligence pure? C’est dans l'intelligence, du moins dans cette intelligence particulière de laquelle nous avons procédé, que nous avons la conscience de nous-mêmes 4. C’est en elle qu'est le premier fondement de notre mémoire; c’est en elle que nous avons, sans péril pour notre existence individuelle, limmortalité et l'éternité même ὅ. Pourtant, s’il est vrai que nous vivions toujours, par quelque partie de nous-mêmes, dans la contemplation, comment se fait-il que nous ne nous en apercevions pas toujours ? C'est que, comme nous
PE TTN NT TT NEIL 5.61 ἢ; 2 π ᾿ς , : LA θ 4 - 4 ᾽ , δ , Enn. V, 11, 3 : Διὸ χαὶ προσχρώμεθο, αὐτῷ χα! οὐ προσχρώμεθα" διάνοια S 4 A A ΄ ΄ \ , CN δὲ ἀεὶ, χαὶ ἡμέτερον μὲν, χρωμένων, οὐ προσχρωμιένων δὲ οὐχ ἡμέτερον. ” D »" ι - ΄ € »"» A 1 5 »!
5 Enn.1,1, 8 : H ἔχομεν καὶ τοῦτον ὑπεράνω ἡμιῶν. Ἐχομιεν δὲ ἢ χοινὸν ἢ TAN 5 1 x DEAN ἴδιον ἢ καὶ χοινὸν πάντων HAL ἴδιον.
gr ν. “Ὁ AT ἐς , ΄ 9, ὐνιν εἰ 2 4 \ 4 Enn. V, ut, 4 : H éxetvoy μεταλοαοφοντες, ἐπείπερ MAMELVOS MLETEPOS ZA ἡὁυνῖς ἐκείνου, οὕτω νοῦν χαὶ αὑτοὺς γνωσόμεθα,
5 Enn. IV, 111, 26-30 ; vit, 6-13.