‹ Essai sur la Métaphysique d'AristoteChapitre 163 sur 228 · LIVRE I, CHAPITRE IIL. ἀμ · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE IIL. ἀμ

n’existons ici qu'avec la sensibilité, comme nous ne sommes pas une partie seulement de notre âme, mais notre àme entière, Ce qui se passe en une partie supérieure de notre être demeure ignoré de nous, 51] ne s’étend pas jusqu'aux sens. Aristote avait dit que l'homme (en tant qu'homme, du moins) ne pouvait rien penser sans image. Se- Jon Plotin, pour que ce qui se passe dans la partie supérieure de notre âme parvienne à notre conscience ou reste dans notre mémoire, il faut que la raison, tirant la pensée indivisible de la profondeur où elle se dérobait, en développe la simplicité, et l’étale pour ainsi dire en notre imagination comme dans un miroir ?,

Ainsi, sans en avoir toujours la conscience distincte, l'âme habite toujours dans l’Intelligence, et pense toujours en elle. Pour revenir à la vie pure de la contemplation, elle n’a donc pas besoin de sortir d'elle-même : il suffit qu'elle soit délivrée des inclinations qui l’entrainent du côté du corps et des sens. Cette délivrance est l’œuvre des vertus moales, la tempérance, la force, la justice, la prudence. Pour les Stoiciens, c’étaient les seules vertus, et le souverain bien y était renfermé. Pour Plotin

\ \ \ ᾿ ᾽ ‘ ᾿ Π τ \ Enn. IV, xt, 30 : Τὸ μὲν γὰρ νόημιοι ἀμερὲς, καὶ οὔπω οἷον προεληλυθὸς = ΄ ε ι ’ ᾽ ͵ 1 . 5 , εἰς τὸ ἔξω, ἔνδον ὃν λανθάνει. Ὁ δὲ λόγος ἀναπτύξας, Lai ἐπάγων ἐκ τοῦ νοή- 4 ς τατον RCE δὴν We ᾿ ᾿ ματος εἰς τὸ φανταστικὸν, ἔδειξε τὸ νόημα, οἷον ἐν κατόπτρῳ, καὶ ἡ ἀντίχηψις

αὐ“ οὖ οὕτω, καὶ ἡ μόνη καὶ ἡ υνήυνη. Vin, 8: Ψ, τ, 12.

comme pour Aristote ce sont les vertus politiques, ou pratiques, qui ne font que préparer les contem-— platives; ce sont seulement des purifications dont l'office est de séparer l’âme d’avec les choses inférieures , étrangères à sa vraie nature’, et de la rendre à elle-même et à sa liberté ?. Ce sont les vertus d'un Hercule, par lesquelles il mérite de passer de la terre au ciel; ce ne sont pas encore celles des dieux eux-mêmes 5. Or ce à quoi l'äme aspire, ce n’est pas d’être sans péché, c'est d'être semblable à Dieu, c’est d’être Dieu #. — Mais par cela seul que Iäme s’est affranchie des passions, qui ont leur source dans le corps, et de tous les soins de la vie pratique, qui l'arrachaierit à elle-même, la vie spéculative est devenue la sienne. Elle est réduite à la simplicité de l'intelligence ; elle contemple les :dées pures, dans tout leur éclat immatériel; enfin elle se contemple elle-même sans obstacle et sans intermédiaire.

C’est le terme ou s'arrête Aristote. Suivant Plotin, il y a un degré de plus à monter. L'Un est supérieur à l’Intelligence; pour atteindre jusqu’à lui, pour se réunir ainsi au premier principe, il faut que l’âme se retranche encore toute opération intellectuelle, et

1 Enn. 1, τι, τ-

5 Enn. 1, τι, & : To χεχαθάρθαι ἀφαίρεσις ἀλλοτρίου παντός.

Reise x » ε τὰ ᾽- + 4 Enn. 10 τι, 6: ἀλλ᾽ ἡ σπουδὴ οὐχ ἔξω ἁυαρτίας εἶναι, ἀλλὰ θεὸν εἶναι,

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