‹ Essai sur la Métaphysique d'AristoteChapitre 167 sur 228 · LIVRE I, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE III

toujours partout, et partout tout entiere, mais partout en elle-même. Quand on dit qu'elle vient dans un corps, cela veut donc dire seulement que sa présence devient manifeste là où elle ne l'était pas jusqu'alors, en quelque chose d'autre qu’ellemême !. Or si elle n’attendait pas ce corps pour exister au même lieu qu'il occupe, c’est sans cesser d’être toute en elle-même qu'elle lui devient aussi présente. Donc ce n’est pas elle qui est venue dans le corps, mais bien plutôt le corps qui est venu en elle; c'est le corps qui, étant jusqu'alors en dehors du véritable être, yest entré, et a passé dans le monde de la vie, Or le monde de la vie était tout en soi-même sans étendue, par conséquent sans division. Le corps n’y est donc pas entré comme en une étendue; il y est entré, c’est-à-dire qu'il ἃ commencé de participer à lui ?.

En conséquence, tandis que l’âme parait venir plus ou moins entière dans le corps, c’est le corps qui, selon sa disposition, participe plus ou moins à l’âme. Une et indivisible, elle est partout à la fois

Ἢ Ibid. : Καὶ ἐξ ἀφανοῦς αὖ, καὶ τοῦτο ἔχει ὅπερ ἦν καὶ ἐν τοῖς ἄλλοις.

tout entière. Mais comme un objet plus ou moins transparent laisse plus ou moins briller en lui la lumière, c’est le corps qui souffre plus ou moins que l'âme se manifeste et resplendisse en lui. De même encore que, lorsqu'une voix se fait entendre, tel ne perçoit que le son, tel autre entend aussi le sens, de même le minéral recoit de l’âme le peu qu'il est capable d’en porter, la plante en recoit davantage, l’animal plus encore. De même, enfin, une seule et même âme est présente, immédiatement présente à tous les organes d’un même-corps, et chacun d’eux en participe, suivant sa nature et sa disposition, d’une manière et dans une mesure différente. Ce n’est pas l'âme qui s’approche du corps , y descend et s'y divise : rien ne change en elle, et tout y demeure tel qu'il a toujours été. C’est le corps qui, en la recevant, la fait paraître divisée et dispersée en lui’. A l’idée de la distance plus ou moins grande où l'âme serait du corps, doit être substituée celle du degré de l'aptitude du corps pour participer à l’âäme?. C’est là le voisinage, à la faveur duquel le corps reçoit de l’âme $ comme une chaleur ou une lumière qui en émane, et qui excite

1 Enn. VI, 1v, 14 : Οὐδὲν γὰρ γινόμενον ἐχεῖ, οὐδὲ μιεριζόμιενον τοίνυν, ἀλλὰ δοχεῖ μερίζεσθαι τῷ λαθόντι" τὸ δὲ ἐχεῖ τὸ ἔχπαλα: καὶ ἐξ ἀρχῆς. 8 : Οὐ τῆς ἰδέας διὰ πάσης διεξελθούσης καὶ ἐπιδραμιούσης, ἀλλ᾽ ἐν αὑτῇ μενούσης.

2 Enn. VI, τν, 15: ἀλλὰ πῶς προσελήλυθε τὸ προσεληλυθός ; ἢ ἐπειδὴ ἐπιτυδειότης αὐτῷ παρῆν, ἔσχε πρὸς ὃ ἦν ἐπιτήδειον.

3 Ibid. : Οἷον ἐγγὺς γενόμενον τῇ ἐπιτηδειότητι, ἱ ,

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