‹ Essai sur la Métaphysique d'AristoteChapitre 171 sur 228 · LIVRE 1, CHAPITRE III. k · texte numérisé non relu

LIVRE 1, CHAPITRE III. k

particulier au général, et de la multitude des individus à l'unité logique de l’universel. Ainsi, séparation croissante des principes surnaturels d'avec la région de la nature, réduction de plus en plus complète de ces mêmes principes à la condition la plus basse de l’existence naturelle et de la matérialité: teile est la marche progressive que la philosophie platonicienne va suivre jusqu à sa fin. En un mot, ses principes vont toujours s'éloignant de la nature et de Phomme; et c'est pour se réduire de plus en plus au dernier degré de l'être, et bientôt à l’absolu néant.

Porphyre ‘, qui mit en ordre les écrits de Plotin et qui les publia tels que nous les avons encore, ne s’écarta, à ce qu’il semble, de l’enseignement de son waître-en rien de considérable. Les sentences ? dans lesquelles est renfermé presque tout ce que nous savons de sa doctrine sur la nature des principes, présentent en abrégé celle des Ennéades; seulement il y règne, au lieu de l'obscurité ordinaire à

Plotin, cette heureuse clarté qu'on remarquait dans

Amélius, autre disciple célebre de Plotin, paraît s’être rapproché dans sa doctrine de celle de Numénius, et par conséquent de celle des Stoïciens, à l’école desquels il avait d’abord appartenu, Voy. Stob. Ecl., τ. 1, pp. 866, 886-8, 898; Procl. ἐπ Tim., pp. 4, 93, 103, 110, 151. 131, 226, 268,

3 ἀφορμιαὶ πρὸς τὰ νοητὰ, litre traduit par Holsténius : Sententiæ ad intelligibilia ducentes (Romæ, 1630, in-80),

tous les ouvrages de Porphyre', et les principes fondamentaux de la philosophie Néoplatonicienne y sont mis dans une lumière toute nouvelle.

La base sur laquelle Porphyre assied le Platonisme, est la même qu’Ammonius Saccas lui avait sans doute donnée, une théorie générale de la nature incorporelle et de ses propriétés. — Il y a, dit-il, deux sortes d'incorporel, dont les sectateurs de Zénon n’ont connu qu'une seule, et la moindre, L'incorporel n’est pour eux que ce qu’on sépare du corps par abstraction, mais qui n’a pas d'existence hors du corps : ainsi le temps, le lieu, le vide, la matière, prise à part de toute forme, la forme sensible sans sa matière. Mais il y a de plus ce qui est par sa nature indépendant de tout corps : telle est déjà l'âme, telle encore plus l'intelligence, tel surtout est l’Un. C'est cette seconde espèce d’incorporel qui en mérite proprement et éminemment le nom ?.

Maintenant tout corps occupe un lieu, où il est étendu : nul incorporel n’occupe un lieu, nul n’a de l'étendue. C'est là la différence spécifique qui les distingue. Pourtant l'incorporel peut être présent au corps; mais c’est sans y être dispersé et divisé. Il n’a pas une partie ici, et une autre ἰὰ ὃ; partout où

! Eunap. ap. Holsten. de Vie. et script. Porphyrii, ο, 5.

* Porphyr. Sentent. ad intellig. duc,, 44, 3 [bid. ἃ. 1:

Page 1