‹ Essai sur la Métaphysique d'AristoteChapitre 174 sur 228 · LIVRE I, CHAPITRE III. τι · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE III. τι

pas avec lui. Mais par son inclination pour les corps, il engendre et leur communique une puissance de lui-même, capable de s'unir avec eux”. T’incorporel produit donc des puissancés qui de son unité rayonnent au dehors; et c’est par elles qu'il descend dans le corps et s’'unit avec lui. C'est par cette ineffable extension de lui-même qu’il vient dans la matière et s’y enferme ?.

Ainsi cette contradiction que l’idée de la procession enveloppe, c'est avec la distinction de lessence et de la puissance du principe, avec cette distinction repoussée par Plotin, que Porphyre semble essayer encore une fois de la résoudre. Mais les puissances émanant et descendant de la substance de l’incorporel, ne sont évidemment plus chez Porphyre qu'une image, une métaphore, sous laquelle il suppose, comme Plotin, son maitre, la doctrine d’Aristote : l'idée que l'incorporel est en tout par son essence même, et que ce qui le modifie et le limite dans ses manifestations, ce sont les dispositions, les puissances plus ou moins élevées du sujet qui le reçoit. L'incorporel, dit il, devient présent aux corps par le penchant qu'il a pour eux, et qui le porte à

1 Ibid. 4: Τὰ καθ᾽ ἑαυτὰ ἀσώματα, ὑποστάσει μὲν καὶ οὐσία οὐ πάρεστιν" οὐ γὰρ συγχιρνᾶται τοῖς σώμασι" τῇ δὲ ἐχ τῆς ῥοπῆς ὑποστάσει τινὸς δυνάμεως μεταδίδωσι, προσεχοῦς τοῖς σώμασιν: ἡ γὰρ ῥοπὴ δευτέραν τινὰ δύναμιιν ὑπέστησε, προσεχῇ τοῖς σώμασιν, Voy. plus haut, p. 376.

. js / F7 ᾽ , se ἄν Let fe 2 ? Ibid. 30 : Δι’ ἐχτάσεως οὖν ἀρρήτου τῇ ἑαυτοῦ ἡ εἰς σῶμα τύνερξις.

se les assimiler. 1] leur est présent en tant qu'ils sont capables d’être rendus semblables et conformes à lui, et qu'il peut se manifester en eux. L’incorporel n’est pas présent aux corps, en tant que les corps sont incapables de s’assimiler à [π|1. Et en effet, le monde corporel reste toujours bien loin de la puissance du véritable être, et celui-ci de l'impuissance du monde corporel ?.

Maintenant l’incorporel n’est pas d'un seul degré; loin de là, ce que le corps est à l'âme, l’Ame l'est à l’Intelligence, et l'Intelligence à l'Un. La wultiplicité et le mouvement ne cessent donc pas entièrement des qu’on s'élève au-dessus du corps. A la vérité,, il n’y a plus de mouvement dans l'âme, à proprement parler; Porphyre l'avoue avec Aristote d’une manière plus expresse encore que ne lavait fait Plotin. L'âme semble se mouvoir en passant d’une pensée à une autre pensée. Pourtant, en réalité, aucune pensée ne lui échappe, aucune ne lui est nouvelle. Seulement son regard s'attache à telle ou telle partie de ce qu’elle possède toujours; elle ne se meut que d'elle à elle; elle est comme une source qui, au lieu de s’écouler au dehors, reflue-

1 Ibid. 38 : H οὖν παρουσία, οὐ τοπικὴ, ἐξομοιωτικὴ δὲ, καθόσον οἷόν τε σώμα. ὁμοιοῦσθαι ἀσωμάτῳ, καὶ ἀσώματον θεωρεῖσθαι ἐν σώματι ὁμιειωμιένῳ αὐτῷ.

? Ibid. : Πολὺ ἄρα τὸ ἀπὸν, τῷ μὲν κόσμῳ τῆς δυνάμεως τοῦ ὄντος, To δὲ ὄντι τῆς ἀδυναμίας τοῦ ἐνύλου.

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