‹ Essai sur la Métaphysique d'AristoteChapitre 176 sur 228 · LIVRE I, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE III

est partout, mais partout différente, suivant la nature où elle se trouve. Intellectuelle dans l'intelligence, rationnelle ou discursive dans l'âme, séminale dans la nature, simple figure dans le cofps, elle subsiste, dans ce qui surpasse l'être et l’intelligence, d’une manière supérieure et à l'intelligence et à l'être 1. — Mais pourtant, à proprement parler, si le premier principe est au-dessus de l'être, c’est un non-être ?, non pas ce non-être qui n'est autre chose que la privation de l'être, mais celui qui surpasse et qui précède l'être. De mème, par conséquent, la pensée n'y a plus de place; on atteint jusqu'à l’'Un par une absence de pensée bien mieux que par la percée 5.

Ainsi, Porphyre suit Plotin pas à pas dans la poursuite du premier principe, jusqu'à la profondeur mystique où il n'y a plus ni être, ni pensée. Néanmoins, loin de précipiter la philosophie platonicienne sur sa pente naturelle, il Py retint plutôt, autant qu’il fut en son pouvoir. Il était fort attaché aux opinions de Numénius 4, ainsi que son condisciple Amélius. Mais surtout il était profondément imbu de la philosophie d’Aristote; il avait fait de

᾿ ἢ ΑΕ x Ἂ ee - ΐ AS δ ἡ Ibid. το : Οὐχ ὁμοίως μὲν νοοῦμεν ἐν πᾶσιν, ἀλλ᾽ οἰκείως τῇ ἑχάστου

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οὐσία"... ἐν δὲ TO ἐπέκεινα, ἀνεννοήτως TE καὶ ὑπερουσίως.

2 Ibid. 22.

* Ibid. 27 : Θεωρεῖται δὲ ἀνοησίᾳ χρεῖττον νοήσεως. 4 Pr τ πὶ ἀν ANSE ; ; Proc. in Tim., p. 24 : O φιλόσοφος Πορφύριος, ὃν χαὶ θαυμάσειεν ἄν ln te , τις, εἰ ἕτερα λέγοι τῆς Νουμηνίου παραδόσεως.

tous ses ouvrages, ou de presque tous, le sujet de longs et savants commentaires !; il suivait volontiers ses opinions; il avait écrit un traité considérable, en sept livres, pour démontrer l'identité de la doctrine de Platon et de celle d'Aristote ?; et Proclus, enfin, lui reproche de résoudre les questions platoniciennes par les principes péripatéticiens. Le nom de philosophe devint et resta toujours dans l’école Néoplatonicienne son titre caractéristique ; titre d'honneur sans doute, mais par lequel ceux qui le lui donnérent voulaient dire, pourtant, que, comme Aristote, il restait en général au point de vue purement humain de la philosophie, étranger à cette haute inspiration religieuse, à ce mystique enthousiasme qui firent donner de préférence à son successeur Jamblique le surnom de divin 3.

De Jamblique date pour la doctrine platonicienne une nouvelle période : c’est le temps οἱ elle ne demande plus à la philosophie proprement dite le moyen de connaitre et de posséder le premier principe et le souverain bien, mais où, se réunissant avec la religion, c’est par des pratiques, par des

Holsten. de Vit. et script. Porph., c. 6.

2 Ibid, c. 8. Boeth. ἐπ libr. de Interpr., ed. alt., init.

5 Cependant Proclus ir Tim, p. 71, compte aussi Porphyre parmi les θεῖοι ἄνδρες, et d’autre part il appelle Jamblique lui-même ὁ φιλόσοφος ; in Tim., Ὁ. 248 sin Alcib., ed. Creuz. 1820, in-8°, p. 13. — Les Néoplatoniciens nomment habituellement Plotin ὁ μέγας, Porphyre ὁ φιλόσοφος, Jamblique ὁ θεῖος, Théodore d’Asiné ὁ θαυμαστός,

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