LIVRE I, CHAPITRE I
ce passage, on en omet ordinairement le commencement et la fin, et l'on conclut du reste, rapproché des expressions citées tout à l'heure, que pour Straton la nature était Dieu’. Mais de ce commencement et de cette fin ne ressort-il pas précisément avec une entiere évidence que, bien loin de confondre Dieu avec la nature, Straton l'en aurait plutôt séparé à l'excès, en le réduisant à la condition des dieux inutiles et insouciants d'Épicure 9 D'un autre côté, Plutarque nous dit : « Straton soutint des opinions contraires à Platon sur le mouvement, sur l'intelligence, sur l'âme, sur la génération. Enfin, il dit que le monde lui-même n'est pas un animal, mais que le naturel ne vient qu'à la suite du fortuit; qu'en effet, c'est la spontanéité qui donne le
sit, aut fiat, naturalibus fieri aut factum esse docet ponderibus et motibus. Sic ille et Deum opere magno liberat, et me timore. Quis enim potest, cum existimet a Deo se curari, non et dies et noctes divinum numen horrere 9 — Pour le sens d’optare et docere; cf. Tuscul. 11. 13 ; de Nat. Deor. 1,8; de Fato, 20.
! Cudworth, Syst. intell. c. xx, $ 6, p. τοῦ ; Bayle, Dictionn. hist. et crit. art. Spinoza, rem. A; Rép. aux quest. d’un provinc. AN, 1237; Contin. des pens. sur les com. , 520 ; Buddeus , in Analect, hist. phil, p. 316; Tennemann, Gesch. der Philos. I, 338 ; Rixner, Handb. der Gesch. der Philos. 1, 261; Ritter, Hist. de la philos., trad. fr., ΠΙ, 347. Leibnitz suit Bayle en rapprochant Straton de Spinoza ; Théod. 187, 351; Réflex. sur le livre de M. Hobbes, 3.— Au contraire, Reimmann, Hist. univ. atheismi, ©. xxvix, 6 3, et Brucker, de Strat. ath., in Miscell. his. Philos. p.154, et Hist. crit. philos. 1, 847 , remarquent qu’on ne peut prouver que Slraton eût nié l’existence de Dieu, ni même qu’il l'eût identifié avec la nature. Enfin Fr. Schlosser prend sa défense, de Hyloz. Strat. Lamps., Witteb. 1728.
ble PARTIE IV.—HISTOIRE.
commencement, et qu'à la suite se développe chacune des qualités naturelles τ. » Straton rejetait donc, comme l'avait fait Aristote, cette àme du monde, qui jouait un rôle secondaire dans la philosophie de Platon, et que les Stoïciens allaient identifier avec Dieu même. De même qu’'Aristote, il se refusait à voir dans la nature un principe unique et individuel, source commune des âmes et des natures particulières Comment donc aurait-il identifié la nature avec Dieu ἢ
Maintenant faut-il supposer qu'il admit d'un côté un Dieu aussi inutile que les dieux d'fipicure : et de l’autre un monde né du hasard? S'il se füt écarté à ce point et dans un pareil sens de la doctrine d’Aristote, comment Alexandre d’Aphrodisiade, Simplicius, Plutarque, si savants dans l’histoire de la philosophie, ne nous en eussent-ils pas une seule fois avertis? Comment le pieux Simplicius, zélé néoplatonicien, ennemi déclaré de tout ce qui ressemble à l’Épicurisme, donnerait-il à Straton les épithetes les plus louangeuses ? ? Comment Plutarque appellerait-il celui-ci, dans le passage même qui
, s » x Q sn ᾽ - FT " " x 1 Ady. Col. 14 : Τελευτῶν τὸν κόσμον αὐτὸν οὐ ζῷον εἶναι φυσὶ, τὸ δὲ
᾿ ΄ “" - ἢ ΄ ᾽ x ἈΝ ἀντ AN ἀν 9) ᾽ ᾿ 5 χατὰ φύσιν ἕπεσθαι τῷ χατὰ τυγχν" ἀρχὴν 722 ἐνδιόοναι τὸ αὐτόματον, εἰτὸὶ
ὕτω περαίνεσθαι τῶν φυσικῶν παθῶν ἕκαστον ἸΤάθη a sans doute ici le sens
de ποιότητες dans ce passage de Sextus, Pyrrh. hypot. 11. 32 : Στράτων Ne ς s x Fr τ \ ᾿ , δὲ ὁ φυσιχὸς (sc. ἀρχὴν εἰναι εἶπε) τὰς ποιότητας. Ρ ᾽ - ε ἢ τ ΄ σὰ ἡ τ = =, Les es = 2 {n Phys. ® 168 ἃ: Ο δὲ Στράτων φιλύκαλος: F. 225 a : Τοῖς ἀριστοῖς