‹ Essai sur la Métaphysique d'AristoteChapitre 19 sur 228 · LIVRE 1, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE 1, CHAPITRE I

nous occupe, le plus éminent des Péripatéticiens 1? Aussi, rien ne s’opposet-il à ce que ce passage reçoive une interprétation parfaitement conforme à l'esprit de la philosophie péripatéticienne. Suivant Aristote, si nos déterminations particulières s'expliquent par notre volonté, nous ne pouvons assigner au commencement de notre volonté ellemême aucune cause déterminée : le commencement revient donc à la fortune, au hasard; mais, sous ce mot vulgaire, ce qu'il faut entendre, c'est Dieu ?. Or il en est de même en toute chose. En tout il ya un commencement dont il nous est impossible de déterminer la cause, et qui est le point de départ de la nature: c'est le hasard pour le physicien; pour le métaphysicien c’est Dieu. Telle fut la pensée d’Aristote ; telle fut aussi, sans doute, celle de Straton, et c'est également celle qu'exprime, dans des vers qui nous ont été conservés, le grand poëte Ménandre*, disciple de Théophraste, et par conséquent condisciple de Straton.

En résumé, c'est au Platonisme seul que s’opposait, selon toute apparence, la théorie de la nature

1 Toy ἄλλων Περιπατητιχκῶν ὁ χορυφαιότατος.

? Eth. Eud. NII, 14; Magn. mor. II, 8.

? Ap Stob. Ecl. t. I, p. 192:

Παύσασθε νοῦν ἔχοντες" οὐδὲν γὰρ πλέον 2 ‘ Ὁ , 3. « - LA Ανθρώπινος νοῦς ἐστιν. ἀλλ᾽ ὁ τῆς τυχὴς ; Εἴτ᾽ ἐστι τοῦτο πνεῦμα θεῖον, εἴτε νοῦς,

Τοῦτ ἐστι πάντα και χυθερνῶν LOL στρεφον.

développée par Straton, et cette théorie n'était autre, dans le fond , que celle de toute l'école péripatéticienne. Platon , dans le Timée, avait représenté les dieux fabriquant les animaux et les hommes avec une matière préexistante. C'est à cette conception , ou plutôt à cette représentation figurée et populaire, qui recouvre une physique généralement atomistique et mécanique, que Straton avait opposé l’idée plus philosophique que tout dans la nature s’effectue par des voies naturelles, non pas par la rencontre et l'arrangement des atomes dans le vide, mais par les divers mouvements spécifiquement différents énumérés par Aristote, et par la pesanteur’. — Platon donnait au monde une âme qui du centre rayonnait dans toutes les parties, et qui en était comme le Dieu intérieur. À cette idée Straton avait encore opposé la théorie péripatéticienne : la théorie selon laquelle il n’y a, au lieu d’une âme commune, que des ames ou des natures individuelles, et chaque nature a son origine dans un commencement inexplicable qui vient de la fortune, ou d’une cause transcendante , placée au-delà, au-dessus, en dehors de

toute àme. Au lieu d'un seul principe, qui porte

1 Straton soutint, ainsi qu'Épicure et les anciens atomistes, et contrairement à l’opinion d’Aristole, que tous les corps étaient graves, c’est à-dire tendaient au centre du monde. Simplic. ἐπὶ libr. de Cæl.f. 62 ". Y comprenait-il l’éther, qui selon Aristote w’était ni grave ni léger ὃ

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