‹ Essai sur la Métaphysique d'AristoteChapitre 181 sur 228 · LIVRE I, CHAPITRE ΤΠ · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE ΤΠ

vertu . En somme, les pratiques extérieures du culte religieux ne pourraient servir dans l’âme qu'aux puissances du second ordre, et la mettre en communication qu'avec les divinités inférieures ?. Α la philosophie seule il appartenait de nous unir avec le Dieu suprême 9,

Jamblique avait réfuté ces opinions. Selon lui la prière, par la vertu même des formules symboliques que les Dieux avaient enseignées aux hommes, nous rattachait à eux d’une manière intime et essentielle, et nous rétablissait, nous réédifiait ainsi dans l’unité primitive dont nous étions sortis 4.

C'est l’idée qui fait aussi le fond du livre des Mystères des Égyptiens τὰ

Ce livre est une prétendue réponse d’un prêtre égyptien, nommé Abammon , à une lettre adressée à l’un de ses confrères, et composée d’une suite de questions sur la théurgie. Dans cette lettre, attribuée à Porphyre, mais qui pourrait bien être elle-même une production apocryphe 6, on ne se contente pas

1 Procl. ir Tim., p. 64.

2 Porphyr. ap. Cyrill. adv. Julian., 1. IV.

5 Porphyr. Epist. ad Marcell., 18, 21, 24, 33; de Abstin., 1, 28; Sentent., 34.

4 Procl. ir Tim., p. 65: Καὶ τοῦτο πέρας ἐστὶ τὸ ἄριστον τῆς ἀληθινῆς εὐχῆς, ἵνα συνάψῃ τὴν ἐπιστροφὴν τῇ μονῇ, χαὶ πᾶν τὸ προελθὸν ἀπὸ τοῦ τῶν θεῶν ἑνὸς αὖθις ἐνιδρύσει τῷ ἑνὶ, χαὶ τὸ ἐν ἡμῖν φῶς τῷ τῶν θεῶν φωτὶ περιλάθῃ.

5 Publié par Th. Gale, Oxon. 1678, in-f°.

ὁ Meiners (Comm. soc, Goetting., t. IV), et Tiedemann (Geist der specul. Philos., p. 454), en ont déjà révoqué en doute l'authenticité.

de dire, comme Porphyre l'avait fait, que l’art théurgique n’a qu’une utilité secondaire : on met en doute si ce nest pas une superstition sacrilége qui, en présentant les Dieux comme capables de céder à la force de rites ou d’invocations symboliques, porte atteinte à leur immutabilité et à leur indépendance essentielles. — La réponse du prétendu Abammon est fondée tout entière sur un seul principe : que tout vient des Dieux, et qu’en conséquence rien ne les détermine à entrer en communication avec nous, qu'ils n’aient eux-mêmes déterminé et institué par avance. Des lors, loin que la théurgie ne soit qu'impiété et sacrilége, toutes ses pratiques sont autant d'actes dereligion et de piété 1. — Hermès a enseigné que la matière même vient de Dieu. C’est Dieu qui l’a produite en séparant de l'essence la matérialité qu’elle contenait. Ainsi a été formée d’abord une matière parfaite, pure, conforme au bien, et digne de recevoir les Dieux. C’est la matière vivante de laquelle sont composées les sphères éternelles; : du reste sont formés les corps qui naissent et qui périssent ?. — La matière ainsi représentée, d’une manière bien plus formelle qu’on ne l'avait jamais vu chez les Platoniciens, comme tirée de l'être

1 De-Mpst.;sect Tes ta sect. ΠΕ Ne: 10 οἷο:

2 Ibid. VIIL, 3 : ἵλην δὲ παρήγαγεν ὁ θεὸς ἀπὸ τῆς οὐσιότητος ὑποσχισθείσης ὑλότητος, ἣν παραλαθὼν ὁ δημιουργὸς ζωτικὴν οὖσαν, τὰς ἁπλᾶς χαὶ

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