LIVRE I, CHAPITRE III
les Égyptiens les symboles qui se rapportent aux démons sont-ils mêlés à ceux qui ne concernent que les Dieux; chez les Chaldéens seuls, le plus ancien des peuples, les choses divines se sont conservées dans toute leur pureté originelle *.
C'est que la théologie des Égyptiens ne semblait pas remonter, comme celle des Chaldéens, jusqu'à cette Unité mystérieuse, inaccessible à toute intelligence, dans laquelle le Néoplatonisme cherchait de plus en plus le véritable Dieu. Les prétendus livres d’Hermes, probablement rédigés, du moins les plus anciens, sous l’influence des idées des Philon et des Numénius?, ne faisaient, à la vérité, de l’intelligence que le second principe, et plaçaient au-dessus d’elle l'Unité. Mais cette unité, ils l’appelaient encore, avec Numénius et Philon, l'intelligence antérieure à l'intelligence, la lumiere avant la lumiere. La théologie assyrienne, ou chaldéenne (dénominations sous lesquelles on confondait et la religion primitive de l'Assyrie, et celle des Mèdes qui était venue sy mêler), semblait dépouiller plus complétement la cause première de toute ressemblance avec les principes inférieurs, de tout mouvement et de toute activité. C'était sur de prétendus
1 De Myst., V1, 7.
? Voyez ci-dessus , Ὁ. 480.
5 Herm. Trismeg. ad Asclep. (ap. Patric. Nova de univ. philos., Ve-
net. 1595, in-f°, [Ὁ 50 b): Εν μιόνον nv φῶς νοερὸν πρὸ φωτὸς γοεροῦ" καὶ
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livres de Zoroastre que les Gnostiques s'étaient appuyés, dès le commencement de l'ère chrétienne, pour atteindre, disaient-ils, à la profondeur de l’essence intelligible, où Platon n'avait pas su pénétrer *. Plotin, il est vrai, les avait réfutés; et c'était dans cette réfutation que, blâmant leur exaltation mystique, il avait dit qu'en voulant s'élever au-dessus de l'intelligence, on ne saurait qu’en déchoir. De plus, Porphyre avait démontré que les livres attribués à Zoroastre par les Gnostiqnes étaient des productions apocryphes et récentes ?. — Mais, comme on l'a vu, le terme où tendait la philosophie de Plotin était celui-là même auquel il blämait les Gnostiques d’aspirer ; et les Platoniciens devaient de plus en plus le reconnaître et l’avouer. Les Gnostiques appelaient le premier principe le Silence et lAbime 5. Or, Porphyre, déjà, déclare que le silence est le seul culte digne du Dieu suprême #. L'auteur du livre des Mystères répète après lui la même sentence ὅ. Bientôt leurs successeurs mettront cesilence mystique au-dessus de l'unification même ὅ ; et leur premier principe prendra le nom de l'Abime 7. 1 Porphyr. it. Plot., c. 16; Plot. Enn., II, 1x, 6.
2 Porphyr. Fit. Plot., c. 16.
4 Porphyr. de Abstin. IL, 34.
5 De Myst. VIIL. 3 : Τὸ πρῶτον νοητὸν, ὁ δὴ χαὶ διὰ σιγῆς μόνης θερα-
“ον. Proclus, Theol. plat., p. 132, et Damascius, de Princip., 7. 7 Damasc. de Princip., ap. Th. Gale, ad libr. de Myst., p. 301.