LIVRE I, CHAPITRE III
religions .de l’Assyrie ou de la Perse? Par un nouveau ét dernier développement de l'idée première sur laquelle tout l'édifice du Néoplatonisme reposait, celle de l’énanation ou de la procession des principes ; développement qui, ajoutant à la procession même une procession antérieure, recule la cause première plus loin encore au delà de toute intuition Ἐξ de toute conception, dans cet Abime mystique dont parlaient les Oracles.
Comme tous ses prédécesseurs, Proclus établit d'abord ce principe que les causes sont d'une nature incorporelle. En effet, la cause première en toutes choses est le bien. Le propre du bien est d'unir ce qui participe à lui. Le bien et l'unité sont donc une même chose’. Mais ce qui est un est incorporel; car le corps est, par son essence, étendu et divisé d’avec lui-même. Donc, toute cause première est incorporelle ?.
Or, l’incorporel ἃ beau entrer en relation avec le corps, il est impossible qu'il déchoie de sa nature. Plotin et Porphyre l'avaient dit, après Ammonius : tout en étant partout dans le corps, l’incorporel n'est nulle part. Car, tout en remplissant l’étendue corporelle, il ne demeure pas moins sans division et tout entier en lui-même. À cette pensée,
1 nstit. theol. 13 : May ἀγαθὸν ἑνωτικόν ἐστι τῶν μετεχόντων αὐτοῦ, καὶ πᾶσα, ἕνωσις ἀγαθὸν. καὶ τἀγαθὸν τῷ ἑνὶ ταὐτόν. 2 Jnstit. theol, 15.
Proclus ajoute une pensée nouvelle : que Je privilége, l’attribut caractéristique de l’incorporel, est de revenir sur lui-même *. Non-seulement l’incorporel.a ce pouvoir, mais c’est sa tendance naturelle; d'où il suit qu'il subsiste par lui seul, etiqu'il est son principe à lui-même : car toute chose tendant naturellement au bien, et le principe propre de chaque chose étant son bien propre, toute chose retourne naturellement à son principe ?. — Ainsi, le caractère d’une véritable cause, c’est qu’elle est, comme Aristote l'avait dit, indépendante de ses effets, et séparée de tout ce qui participe d’elle ; partout et nulle part, en tout et en elle seules. Déjà à la preuve générale qui se déduit de l’unité indivisible de l’incorporel, on avait ajouté cette démonstration de fait et d'expérience que l'incorporel a le pouvoir de se retirer à part du corps, A cette idée Proclus ajoute une détermination nouvelle et plus précise : savoir que c’est la tendance
1 Ibid. : Πᾶν πρὸς ἑαυτὸ ἐπιστρεπτιχὸν, ἀσώμιατόν ἐστι. — Ἐξ rt ἄρα πρὸς ἐστιν, ἀσώματον ἐστι καὶ ἀμερές. 16 : Πᾶν τὸ πρὸς ἑαυτὸ πιστρεπτιχὸν, χωριστὴν οὐσίαν ἔχει παντὸς σώματος.
2 Ibid. 31: Πᾶν προϊὸν ἀπό τινος κατ᾽ οὐσίαν, ἐπιστρέφεται πρὸς ἐχεῖνο ἀφ᾽ οὗ πρόεισιν. — Ορέγεται ἄρα nai τῆς ἑαυτῶν αἰτίας ἕκαστα. 34 : Πᾶν τὸ χατὰ φύσιν ἐπιστρεφόμενον, πρὸς ἐκεῖνο ποιεῖται τὴν ἐπιστροφὴν, ἀφ᾽ οὗ καὶ τὴν πρόοδον ἔσχε τῆς οἰκείας ὑποστάσεως.
5 Procl. τὸ Parm., ed. V. Cousin, Paris, 1823, in-8°, t. V, p. 126 : Τὸ
# Voy., plus haut, p. 375.