LIVRE 1, CHAPITRE III
bonté, essence même de Dieu, par la foi". — Plotin a montré qu'à travers le beau, ce que l’amour cherche, c’est le bien : pour réserver à une faculté plus exempte d'intelligence et d'action le privilége de s'élever jusqu’au bien, Proclus borne l’amour à la seule beauté. Le Christianisme, en exaltant la foi, lui préfère la connaissance, ou la contemplation qui fait succéder à la croyance la vue actuelle de Dieu ?; il lui préfère plus encore l'amour, qui réunit à Dieu 3. Proclus met la simple foi au-dessus et de la contemplation et de l'amour. L'amour, selon lui, nous ramène et nous attire à ce qui est beau : il ne nous met pas encore en possession du bien; aussi Piaton en a-t-il fait un démon, un demi-dieu ὅ, et non un Dieu. La connaissance est un mouvement par lequel l'intelligence tourne pour ainsi dire autour de l'intelligible 6, sans cesser de lui être toujours extérieure en quelque manière. Mais pour le bien, ce qu’on veut et dont on a besoin, c'est de se reposer en lui, c'est, selon l'expression que le Néoplatonisme ἃ empruntée à
1 Ibid. p. 59-61. Zn Alcib. pr., p. 51.
2 Paul, I Corinth. VIII, 13.
5 γον, le livre suivant.
4 Procl, ër Alcib., p. 51 : Πίστις χαὶ ἀλήθεια καὶ ὶ tu De" ἡ μ.
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τὰ πάντα χαὶ ἐνιδρύουσα τῷ ἀγαθῷ, ἡ δὲ ἐχφαίνουσα τὴν ἐν τοις νῶσιν, ὃ δὲ ἐπιστρέφων χαὶ σὺ γάγων εἰς τὴν τοῦ χαλοῦ φύσιν. 8 Ibid, p. 63.
$ Theol, plat., p. 62 : Καὶ ὅλως χίνησίς ἐστι νοερὰ περὶ τὸ νοητόν,
la théologie judaïque, d’être édifiés en lui 1. Ce repos, cette édification, la foi seule les opère 2. Or, cette foi qui consomme notre identification avec Dieu, ce n’est pas l'exercice de la pensée, ce n’est pas la philosophie qui la donne. C’est, dit Proclus, à peu près dans les mêmes termes que l’auteur du livre des Mystères, c’est la puissance théurgique, supérieure à toute sagesse humaine, et comprenant les biens de la divination, les vertus purifiantes, et en un mot toutes les opérations qui produisent la possession de l’âme par Dieu, ou l'enthousiasme. Et enfin cette possession méme , et cette identification finale consiste à nous dépouiller de toute connaissance, pour nous plonger les yeux fermés dans l'unité inconnue et mystérieuse qui est l'intérieur de nous-mêmes; à nous défaire de toute pensée, pour nous réfugier dans notre être tout seul; à rentrer enfin dans le
1 Ibid. p. 61 : Πρὸς δὲ αὖ τὸ ἀγαθὸν οὐ γνώσεως ἔτι καὶ συνεργείας δεῖ τοῖς συναφθῆναι σπεύδουσιν, ἀλλ᾽ ἱδρύσεως καὶ μιονίμου καταστάσεως χαὶ ἠρεμίας. Herm. ἐπ Phædr. (ed. Frid. Ast., Lips. 1810, in-8°), p. 11: Ai δὲ τελεταὶ λοιπὸν ἐνιδούουσι τοῖς θεοῖς,
2 Procl. in Alcib. pr. À πίστις ἱδρύουσα. τῶν ὄντων ἕχαιστον ἐν τῷ ἀγαθῷ. Voy. le livre suivant.
5. Theol, plat., p. 63 : Σώζεται δὲ πάντα διὰ τούτων καὶ συνάπτεται ταῖς
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LIVRE I, CHAPITRE 111. 517 αὶ fond ténébreux, dans l’abime insondable 1 de l’existence pure.
À quoi se réduit donc cette simplification, cette unification placée par le Néoplatonisme au-dessus de la contemplation intellectuelle? À se confondre, non avec l’Un lui-même, mais avec une des Unités, manifestations particulières de Un absolu, et pour cela, dépouillant toute propriété quelle qu'elle soit, et, en quelque sorte, l'unité elle-même, à se réduire, par les pratiques d'une théurgie stupéfiante, à la simple existence, dans le sens le plus indéterminé et le plus abstrait.
Et en effet, ramené par la marche nécessaire de la doctrine platonicienne au même point d’où elle. était partie, Proclus rétablit enfin hautement, comme la règle dominante de toute la philosophie, cette maxime qui avait dirigé Platon : savoir, que le rang des principes à l'égard les uns des autres, que le degré de leur causalité, pour ainsi dire, est en raison directe du degré de leur généralité ?, — Ainsi la raisou principale pour laquelle l’'Un
. «ε ‘ CE” - - \ ε \ 1 Ibid. p. 6x : ὡς μὲν τὸ ὅλον εἰπεῖν, τῶν θεῶν πίστις ἐστὶν ἡ πρὸς τ
0 ἀγα- 4 LE Ni εν , 4 A en ἐπι [3 ἘΞ D x re A , Υ̓͂ = - Le θὴν ἀῤῥήτως ἐνίζουσα τὰ θεῶν γένη σύμπαντα. xTÀ. At γᾶρ οὐ γνωστιχῶς 0 .