‹ Essai sur la Métaphysique d'AristoteChapitre 201 sur 228 · LIVRE I, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE III

que la cause fait naître dans les choses le mouvement, acte imparfait dans lequel consiste à leur tour leur imparfaite essence, dans le système de Syrianus et de Proclus, c’est par son être seul que Ja véritable cause, que la cause première produit tout, c’est par son être conçu comme antérieur à toute manière d’être et à tout acte, par son existence seule, abstraite de toute essence.

En second lieu, dans la doctrine péripatéticienne, le principe, Dieu ou àme, ne se communique pas tout entier; il est dans les choses d’une maniere différente et dans une mesure inégale, selon leurs différentes puissances. Au contraire l’idée est tout entiere identique dans toutes les choses qui prennent son nom; l’idée de l'animal est tout entière en chacun des animaux, si différents qu’ils soient. — Or, d'un autre côté, il faut, comme l’a montré Aristote, que le principe demeure tout entier en lui-même. Donc, précisément parce que l’idée, tout . entière présente dans tous les individus, se mêle et se confond presque avec eux, il n’est d'autre moyen, pour la maintenir intacte en elle-même, que de la dédoubler pour ainsi dire, et de séparer de l’idée qui se donne à tout, une #dée antérieure qui ne se donne à rien, qui reste pure, séparée de tout alliage étranger, et qui, par conséquent , est seule la véritable idée. Des lors, suivant Syrianus et Proclus, ce n’est pas aux idées que participent les choses particulières, mais à de simples figures des

idées”. Si l'idée se communique, c’est par des images d'elle-même, auxquelles elle s’abaisse antérieurement à toute procession; et elle demeure en ellemême une, indivise et imparticipable.

Toutes les idées nous sont donc par elles-mêmes inaccessibles; nous ne les connaissons que par des images, qui en sont comme des signes, ou des symboles. C’est par ces signes, c’est par ces symboles que nous remontons jusqu’à elles ?, et que, sans les comprendre ni les apercevoir, nous rentrons dans la mystérieuse profondeur de leur être.

Ainsi la doctrine des Néoplatoniciens de l’école d'Athènes sur les idées, c'est leur théorie générale des principes. Et en effet, à leurs yeux, les idées et les causes se confondent. De là, tout au contraire de la physique stoicienne, qui réduisait toutes les divinités de la mythologie à un seul Dieu répandu dans les diverses parties de la nature, la héologie de Proclus transforme en autant de dieux toutes les idées$ dans lesquelles peuvent se décomposer les trois trinités du monde intelligible, les trois ordres de l'Étre, de la Vie et de la Pensée 4. Toutes

1 Procl. ir Parm..t. V, p. 118 : Οὐκ αὐτῶν ἐκείνων, ἀλλ᾽ εἰδώλων μιετέχει.

3 Ibid Ὁ 5 τος: Πρᾶς … εἰχόνας ἔχοντας οὐσιώδεις τῶν ὅλων, διὰ τούτων ἐπιστρέφειν εἰς ἐχεῖνα λεχτέον, καὶ νοεῖν ἀφ᾽ ὧν ἔχομιεν συνθημιάτω, χτλ.

5 Proel. ir Plat. de Rep., p. 357: Πᾷσα ἰδέα θεός, Chaque idée, ou μονὰς, est en même lemps, par son unité essentielle, évxs, c’est-à-dire Dieu; in Parm., ἃ. V, p. 126; cf. p. 204. — Plotin disait déjà, ἔπη. V, τ, 7: Τενόμιενον δὲ ἤδη (se. τὸν νοῦν), τὰ ὄντα σὺν αὑτῷ γεννῆσαι, πᾶν μὲν τὸ τῶν

4 Theologia platonica , passim.

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