‹ Essai sur la Métaphysique d'AristoteChapitre 206 sur 228 · LIVRE I, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE III

rente d’ellesmême ; comment concevoir que la simplicité absolue devienne d’elle-même multiplicité 19 Ce n'est donc pas du principe simple tout seul que vient la procession, soit celle du semblable au semblable, qui est la procession proprement dite, soit celle du semblable au dissemblable, qu'on ἃ nommée abaissement ? : aucune procession ne vient de l'unité, mais bien de la multitude 3, Le centre contient à la fois toutes les extrémités des rayons, mais il les contient antérieurement à leur séparation; la séparation ne vient qu'après le centre, et ce qui en est la cause, ce n’est pas le centre, c’est le mouvement du continu vers l'unité 4.

Partout où il y a de la pluralité, l'unité n’est donc pas la seule cause : il faut en outre un élément de multiplication et d'extension, ce que Platon appelait le lieu ou l'espace 5. C’est faute de pousser assez loin l'analyse qu'on ne fait qu’une même cause de la cause de l’unité et de celle de la distinction.

1 Ibid. : Οὐδαμῶς οὐδὲ γὰρ οἷόν τε ἦν αὐτὸ ἑαυτοῦ διαστῆναι χατὰ ὑπόθασιν, οὐδενὸς ἑτέρου φανέντος τοῦ διαστήσοντος, οὐδὲ θέμις ἦν τὴν διάφορον (leg. ἀδιάφορον ) φύσιν ἐν διαφορᾷ τινὶ γενέσθαι πρὸς ἑαυτὴν, οὐδὲ τὴν ἁπλότητα πάντων εἰς διπλόην τινὰ προελθεῖν.

? Ibid.p τοι.

3 Ibid. p. 94: ὥστε οὐδ᾽ ἀπ᾽ αὐτῆς (sc. αἰτίας τῆς πρώτης) ἡ πρόοδος, ἀλλ᾽ ἀπὸ τοῦ πλήθους ἀπογεννᾶται.

4 Ibid, : Μετὰ δὲ τὸ χέντρον ἡ διάστασις, καὶ οὐκ αἴτιον αὐτῆς τὸ χέντρον, ἀλλ᾽ ἡ ῥύσις τοῦ συνεχοῦς ἐφ᾽ ἕν.

5. Ibid. p. 95 : Καὶ τὸ πολλοποιὸν αἴτιον θέμενος (suppl. τὴν) χώραν, ἔσχε (sc. ὁ Πλάτων) διακρῖναι τὰ πολλὰ ἀπὸ τοῦ ἑνός.

‘Avant toute naissance de la pluralité, il faut donc nécessairement que la cause de la distinction se soit d’abord séparée de la cause mystérieuse, supérieure à toute distinction 1. Comment ce second principe a-t-il pu se séparer du premier, ou plutôt, puisque, pour cela, il faudrait encore un principe antérieur de division, comment subsiste-t-il avec lui de toute éternité? C’est une question que Damascius se pose et n’essaie pas de résoudre ?. Il se contente, dit-il, de prendre pour accordé qu'il y a un élément de multitude où se divise la simplicité de l'Un, en sorte que, modifiée selon la nature du sujet qui la reçoit ὁ, elle se multiplie dans la première et imparticipable pluralité des Unités divines. Partout dans la nature on voit également deux principes, dont le concours produit tout. Ainsi c’est vainement que Proclus a prétendu ne placer le second principe, l’élément matériel, sous le nom d'infini, qu’au-dessous des Unités divines, immédiatement avant lintelligence, pour rendre possible la première procession. L'abaissement prétendu de l'Un aux unités secondaires se confond avec la procession, de laquelle on l’a ‘arbitrairement

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